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Voici la profession de foi de la liste : 

“ UNION DE TOUS LES TRAVAILLEURS POUR PREPARER LES LUTTES ET UN AUTRE AVENIR ” présentée par VOIX DES TRAVAILLEURS en Gironde

 

Travailleuses, travailleurs,

Le 15 mars nous sommes appelés à voter pour élire les conseillers régionaux, mais cette élection ne nous permettra pas, comme l’exigerait une véritable démocratie, de contrôler les budgets de la Région qu’ils sont chargés d’examiner et de voter. La gestion des comptes publics, de nos impôts, même décentralisée, reste un domaine opaque, inaccessible à la population, parce qu’elle est entre les mains d’un Etat et d’un personnel politique entièrement dévoués à l’enrichissement d’une minorité privilégiée.

Profitons de ces élections pour faire entendre la voix des travailleurs, des chômeurs, des jeunes, des exclus

Si pour les politiciens arrivistes, il s’agit d’une occasion de se disputer postes et sinécures, il s’agit pour nous, travailleurs, avec ou sans emploi, salariés ou artisans, petits commerçants et paysans, de condamner une politique qui sert les intérêts d’une minorité privilégiée au détriment de la collectivité, d’affirmer la solidarité du monde du travail.

Six millions de personnes sont condamnées à vivre des minima sociaux. La misère ne fait qu’empirer et les conditions d’existence de la majorité de la population, frappée par le chômage, la stagnation ou la baisse des salaires, se dégradent. Dites que vous en avez assez.

Les profits et les spéculations boursières des capitalistes se nourrissent du chômage et de la misère dont ils sont responsables

La folle course au profit que les capitalistes imposent à l’économie, les spéculations boursières et financières dans lesquelles s’engloutissent des masses de capitaux toujours croissants, la concurrence acharnée que se livrent les capitalistes à l’échelle internationale, exigent toujours plus de bénéfices, c’est à dire une exploitation plus grande des salariés comme des travailleurs indépendants. Le chômage, qui contraint les travailleurs à accepter des salaires plus bas, c’est autant de profits en perspective pour les capitalistes dont les actions en Bourse ont augmenté de 29,5 % en 1997.

Le gouvernement les protège et sert leurs intérêts

Renault Vilvorde, l’augmentation dérisoire de 4 % du SMIC, la hausse de la CSG, le refus de répondre aux revendications des chômeurs ont montré quels intérêts le gouvernement Jospin servait, ceux des riches, du patronat, comme les gouvernements précédents. Les “ emplois-jeunes ”, c’est une nouvelle mouture des petits boulots qui accentue la précarité. Pour continuer à offrir au patronat des milliards de subventions et à déverser dans les poches des financiers ce pactole qu’est le règlement de la dette de l’Etat, le gouvernement réduit les dépenses utiles à la population et augmente les taxes et les impôts pour les plus pauvres. Il leur offre des entreprises ou des services publics rentables. Avant de les privatiser, il ne manque pas d’éponger leurs dettes, comme les 150 milliards du Crédit Lyonnais.

Les partis qui soutiennent le gouvernement voudraient nous tromper

A entendre les dirigeants de la “ gauche plurielle ”, il suffirait de pousser le gouvernement pour qu’il agisse en faveur des travailleurs. Mais c’est faux, il reste sourd aux revendications du monde du travail, et quand il ne fait pas donner sa police, comme il l’a fait contre les routiers et les chômeurs, c’est pour dispenser quelques aumônes dérisoires. Tout en condamnant cette droite de cohabitation que nous avons vue à l’œuvre pendant des années contre nous, nous ne pouvons avoir confiance dans cette gauche gouvernementale qui s’incline toujours devant le grand patronat, les financiers et les riches.

Pour faire barrage à Le Pen, défendons nos intérêts, les intérêts du monde du travail

Tous les politiciens se prétendent des adversaires de Le Pen, mais ils ont tous contribué, au gouvernement, à renforcer l’extrême-droite qui utilise le désespoir créé par le chômage et la misère pour tenter de diviser les travailleurs par sa démagogie raciste et xénophobe. On ne peut combattre Le Pen qu’en combattant le patronat et son système, en rompant toute solidarité avec la politique de ce gouvernement et en exigeant l’abrogation de toutes les lois anti-immigrés.

Il faut imposer quelques mesures simples, vitales pour les travailleurs, les jeunes et les chômeurs

Ce n’est qu’en s’attaquant aux profits du patronat que nous mettrons un terme à la dégradation de la situation. Il faut avant tout prendre des mesures d’urgence : interdiction des licenciements et réquisition sous contrôle ouvrier des entreprises qui licencient, revalorisation immédiate des minima sociaux, augmentation égale des salaires de 1500F pour tous et salaire minimum d’embauche à 8500F pour tous ; retraite à 55 ans pour tous, secteur privé comme secteur public, abrogation du plan Juppé contre la Sécurité sociale, annulation des privatisations et des plans de démantèlement des services publics, embauche dans les services publics, abrogation des dettes qui écrasent les petits travailleurs indépendants.

Contre le chômage, la répartition du travail entre tous sans diminution de salaires

La loi sur les 35 heures est une loi favorable au patronat qui vise à nous imposer l’annualisation du temps de travail, la flexibilité, voire des diminutions de salaires. Elle accorde d’énormes subventions au patronat. Pour mettre un terme au chômage il nous faudra imposer au patronat comme à l’Etat une diminution du temps de travail allant bien au delà des 35 heures, sans diminution de salaire et sans flexibilité. Pour que tout le monde ait un emploi, il faudra imposer la répartition du travail entre tous, sous le contrôle de l’ensemble des salariés et de leurs organisations.

Prendre l’argent là où il est

Et qu’on ne nous dise pas que de telles mesures ruineraient l’économie. Ce sont les patrons et les financiers qui ruinent la société, alors que jamais les moyens de produire des richesses, de satisfaire les besoins de tous, n’ont été aussi abondants ni performants. C’est leur parasitisme qui soustrait à la collectivité les fruits de son travail. Il nous faut récupérer notre dû.

Imposer le contrôle de toute la population sur l’économie, c’est la seule démocratie

Pour cela, il nous faudra rendre publics les comptes des grosses entreprises privées et publiques ainsi que ceux de l’Etat, orienter toutes les forces de l’économie vers la satisfaction des besoins vitaux et du bien-être général. Seul le monde du travail peut mettre en place une démocratie véritable, assurée par le contrôle de toute la population sur l’économie, car, n’ayant aucun privilège, il n’a rien à cacher.

La seule issue, la mobilisation et l’organisation du monde du travail

Le monde du travail a une force considérable, même affaibli par le chômage massif. Non seulement il représente l’écrasante majorité de la population, mais c’est lui qui d’ores et déjà assure le fonctionnement de toute l’activité sociale. Décembre 95, la grève des routiers, la lutte des chômeurs : nous sommes des centaines de milliers à relever la tête, après cette période de démoralisation qu’avaient entraînée les reniements de la gauche au pouvoir dans les années 80. Il est temps d’inverser le cours des choses en faveur du monde du travail.

Vers l’union de tous les travailleurs, de tous ceux qui veulent préparer les luttes et un autre avenir

Il est possible et nécessaire aujourd’hui de regrouper les forces de tous ceux qui entendent rester indépendants de la gauche gouvernementale, et rester fidèles aux idées socialistes et communistes. C’est pourquoi nous reprenons l’appel d’Arlette Laguiller à la construction d’un véritable parti des travailleurs.

Ce parti sera l’œuvre de la convergences des initiatives, des efforts, des luttes de tous ceux qui ont à cœur de défendre les intérêts du monde du travail, et, au premier rang, de la jeunesse.

Faites de votre bulletin de vote un geste de dénonciation sans ambiguïté du patronat, des financiers, des riches,

un geste de désaveu du gouvernement qui les protège et les aide comme des partis qui le soutiennent.

Affirmez la solidarité du monde du travail, affirmez votre détermination à empêcher le patronat et les gouvernements qui le servent de mener toute la société à la ruine.

Faites de votre bulletin de vote un geste d’encouragement et de solidarité pour les luttes.

Dites que vous êtes de ceux qui aspirent à jeter les bases d’un nouveau parti vraiment socialiste et communiste, d’une véritable opposition des travailleurs, des chômeurs, des exclus et des jeunes.

Votez et faites voter pour la liste “ Union de tous les travailleurs pour préparer les luttes et un autre avenir ”, liste conduite par Gérard BARTHELEMY

Affiche des listes "Union de tous les travailleurs pour préparer les luttes et un autre avenir" :

 

Là ou vous ne pourrez pas voter pour une liste soutenue par Voix des Travailleurs, votez Lutte Ouvrière

Indépendamment des réserves que nous faisons sur le contenu de la campagne actuelle de LO, nous appelons à voter pour les listes Lutte Ouvrière partout où “ Voix des Travailleurs ” ne sera pas présente.

Dans ces départements-là, le vote pour les listes LO est le geste le plus conforme aux intérêts et aux aspirations des travailleurs. Pour bien des travailleurs, comme pour nous tous à “ Voix des Travailleurs ” (que nous soyons issus de LO ou de la LST), c’est la meilleure façon d’affirmer notre fidélité au contenu de la campagne de LO en 1995 et notre volonté de participer à la construction du parti des travailleurs auquel Arlette Laguiller avait appelé. Pour ces raisons, nous invitons tous nos amis à coller dans ces départements l’affiche que nous reproduisons ci-dessous.

 

Une vieille habitude de Robert Hue, toujours dans la ligne…

  Tout le passé de Robert Hue contribue à en faire un homme heureux. Il a tout rejeté pour garder l’essentiel de sa vieille peau de stalinien, flagorner en étant toujours dans la ligne. Ce qui n’empêche pas bien sûr un honnête politicien de jouer sa carte personnelle. Sa politique est simple. Tout ce que fait Jospin est bien même si ça pourrait être mieux. Avec ça, c’est pas compliqué, même Hue s’en sort tout le temps.

Accueillant les dernières mesures de son nouveau guide suprême, il a étalé sa satisfaction : “ je me retrouve bien dans ces propositions, elles me semblent, sur les minima sociaux, un peu significatives, j’ai noté les rattrapages, notamment ” a-t-il déclaré à la presse, démontrant à quel point la souplesse stalinienne à l’égard du pouvoir était bien proche de l’onctuosité jésuitique. Critique cependant, il a ajouté : “ il y a la nécessité d’aller plus loin, ça me semble évident, mais déjà cet acquis me semble très important… ” Se rattrapant aussitôt de cette audace, il rajoute : “ je n’ai jamais été pour un RMI-jeunes ” qui risquerait de les faire “ entrer dans la spirale de l’assistance ”. Quel baume au cœur pour Jospin !

Lucide, mesurant l’hostilité que rencontre cette politique dans les entreprises ou les bureaux, dans les cités, il a néanmoins contre-attaqué, retrouvant les bons réflexes, contre… Arlette Laguiller qu’il a accusée de mener “ par sectarisme ” un combat contre les 35 heures “ qui est presque celui de M. Seillère ”. Quel honnête homme !

Aubry, une voix de son maître... zélée

 Interviewée à l’occasion du G8 (le sommet des grandes puissances avec la Russie) qui devait discuter de la lutte contre le chômage, Martine Aubry a longuement développé les idées du jour dans les milieux de la gauche, devenue réaliste pour les besoins du pouvoir. “ Aujourd’hui, la gauche européenne, et particulièrement la gauche française, a-t-elle pris soin de rajouter, tourne le dos à l’assistance…” Et de surenchérir : “ quand le RMI a été créé, je pense avoir été la seule personnalité politique de gauche à avoir dit que j’étais en désaccord avec un revenu d’assistance qui n’imposait pas une simple contrepartie en matière de travail ”. Pour Martine Aubry, Rocard était trop à gauche. “ Je continue à le penser, ajoute-t-elle. Il est plus facile de donner un chèque à ceux qui sont sur le bord de la route que d’essayer  patiemment de retisser les liens jour après jour ”. Qui peut le plus peut le moins, a-t-on coutume de dire, mais notre ministre préfère se vanter de vouloir… l’impossible. Dans le même genre de considération de haute tenue philosophique, elle déclare à propos de sa propre loi : “ aujourd’hui il faut parler de souplesse dans les deux sens. Il y a deux choses que je bannis : c’est la flexibilité dérégulatrice et c’est la rigidité bloquante ”. Côté souplesse, Aubry s’y connaît, mais c’est toujours dans le sens du patronat. Un peu raide !

La démocratie selon Chevènement

 Jusqu’à présent, à l’occasion des élections, certains salariés bénéficiaient de jours pour s’absenter de leur travail et mener campagne. Certes, la réglementation restait bien restrictive, puisque seuls les fonctionnaires et agents des collectivités locales pouvaient, selon le mode de scrutin, bénéficier de 5 ou de 10 jours d’absence payés.

Quant aux travailleurs du privé ou de l’industrie, ils pouvaient seulement s’absenter un certain nombre de jours, mais non payés ou qu’ils devaient rendre par la suite.

Eh bien, le ministre de l’Intérieur “ socialiste ”, considérant sans doute cette réglementation bien trop généreuse, vient, en pleine campagne électorale, de changer la loi. Désormais, que l’on soit salarié du public ou du privé, si l’on ne peut nous refuser 5 ou 10 jours d’absence, nous serons tous tenus soit de les prendre en disponibilité non payés, soit en congés annuels ou de les rendre.

Et cela, n’en doutons pas, au nom de la justice qui consiste à aligner tous les salariés... par le bas.

Voilà un obstacle de plus à l’encontre des salariés qui veulent pouvoir défendre leurs idées à l’occasion des élections. Mais pour les politiciens notables, pas de problèmes : ceux-là, lorsqu’ils s’absentent de leur “ travail ”, personne ne s’en aperçoit.