Une remise en cause du calcul du SMIC et un nouveau cadeau aux patrons
Si le gouvernement n'est pas regardant sur les subventions qu'il accorde aux patrons, il est très pointilleux en ce qui concerne les répercussions de la loi sur le SMIC.
Les salariés touchant le SMIC et dont l'horaire passera de 39 h à 35 h ne subiront pas de baisse de salaires. Mais le SMIC étant calculé sur une base horaire (39,63 F), multipliée par le nombre d'heures de travail, sur la base de 151 heures, cela représente une augmentation du tarif horaire de 39,63 F à 44 F. Pour les salariés payés au SMIC et qui continuent à travailler 39 heures par semaine soit 169 heures par mois, cela représenterait une hausse de 11,4 % plus les majorations dues aux heures supplémentaires.
" Vade retro Satanas " s'est écrié Aubry qui s'est empressée pour rassurer les patrons de remettre en cause le calcul du SMIC de sorte que cette hausse ne puisse pas s'appliquer. Il y aurait désormais un SMIC horaire et un SMIC mensuel instituant un revenu mensuel dont les modalités restent à déterminer.
La pingrerie d'Aubry envers les salariés les plus mal payés contraste avec sa générosité avec les patrons. Ceux qui paient les plus bas salaires et dont " 70 % des salariés reçoivent au plus une fois et demi le SMIC " recevront " une aide majorée supplémentaire de 4000 F ", cumulable avec les autres primes de 9000 et 4000 F s'ils devancent la mise en application des 35 heures.
Sur un an, un patron qui paie les salariés au SMIC pourra ainsi toucher 17 000 F par an et par salarié, soit une somme qui représenterait pour un salarié une augmentation mensuelle de 1500F !
Le "scandale Clinton" : que d'ingratitude à l'heure des règlements de compte
Clinton sera-t-il obligé de démissionner ? Laffaire Monica Lewinsky, jeune femme avec qui Clinton aurait eu - ou pas - une liaison au moment où elle travaillait à la Maison Blanche, serait en passe, si on en croit une partie de la presse, de faire chuter le chef de lEtat le plus puissant du monde. La presse et pas seulement celle quon qualifie habituellement de " presse à sensation " sempare de tous les détails soi-disant croustillants de laffaire, diffusés semble-t-il dabord par Internet, repris ensuite par quelques journaux pour finir en affaire dEtat. Les marchés financiers en seraient agités, lopération terroriste mise en place contre lIrak ne serait, pour certains -dont Saddam Hussein- quune manuvre de diversion, tandis que Clinton est venu sexpliquer publiquement de sa bonne foi, à la veille de son discours sur létat de lUnion, passé pour loccasion au second plan.
Tant de publicité pour si peu, Hillary Clinton doit avoir raison : la politique doit y être pour quelque chose, et lappareil du Parti républicain, la droite américaine, qui est majoritaire au Congrès, aussi. Dautant que le juge qui est chargé de laffaire est un républicain connu pour ses positions réactionnaires. Il semble que pour ces gens-là lheure des comptes ait sonné. Depuis lélection de Clinton, ils sétaient juré de lavoir au tournant, sans réussir à le prendre en défaut. Il faut dire que ce dernier sest attaché avec un zèle particulier à leur plaire depuis quil est à la Maison Blanche.
Comment attaquer, sans se désavouer, un président qui a repris quasiment tous les points du programme du Parti républicain : la diminution des budgets sociaux qui a précipité des millions daméricains pauvres dans lextrême misère et qui a donné au patronat américain une main duvre moins payée et plus flexible, laugmentation de la répression policière dans la " lutte contre la criminalité ", jusqu'à la mise en place, ces derniers jours, dune armada prête à bombarder encore une fois lIrak et sa population ?
Dernièrement encore, Clinton est à lorigine des poursuites judiciaires lancées contre le dirigeant du syndicat des camionneurs, le dirigeant de la grève de lUPS. Cette semaine, à loccasion de la venue du pape à Cuba, il justifiait lembargo américain en arguant de la nécessité de mettre le régime de Castro à genoux flattant lopinion réactionnaire et toujours profondément anticommuniste.
Toutes ces platitudes réactionnaires que Clinton ressert de façon insipide ne lui épargneront rien. Bien au contraire, lui le bon américain qui va en famille à la messe tous les dimanches nen sera que plus coupable. Sil sest fait applaudir par le Congrès en tenant des propos guerriers contre lIrak, ces applaudissements républicains nétaient certainement pas dépourvus dironie.
Mais heureusement, il y a la morale ! Quand il sagit de se battre pour le pouvoir, les républicains savent en servir de la morale faussement puritaine, de quoi contenter leur clientèle électorale, cette petite bourgeoisie réactionnaire et bornée qui constitue ce quon appelle l" Amérique profonde ", et pour qui Clinton, malgré sa politique réactionnaire et ses assauts de conservatisme, reste cet individu " immoral ", qui na pas fait la guerre du Vietnam et sest vanté davoir fumé de la marijuana, quasiment un soixante-huitard.
Cétait bien la peine de se faire photographier en sortant de la messe, la Bible sous le bras, en compagnie dHillary !
Centrale nucléaire de Paluel (Seine-Maritime), salariés EDF et salariés prestataires, mêmes patrons, même combat
Le mardi 20 janvier au matin, à la centrale nucléaire de Paluel, a eu lieu une action de soutien au personnel de la SODET, une des nombreuses entreprises prestataires pour EDF (celle-ci soccupe de chantiers de décontamination et de mise en place de sas). Daprès les comptes des patrons de la SODET, cette entreprise ne serait plus rentable et elle est en dépôt de bilan. Le groupe Gagneraud, qui réalise de confortables profits, est propriétaire à part entière de la SODET mais il ne semble rien vouloir faire pour aider sa petite fille. Coïncidence : le groupe Polinorsud, déjà présent sur de nombreux sites nucléaires, se propose de racheter la SODET... mais à ses conditions, cest-à-dire une baisse de 15 à 20 % du salaire de base selon lancienneté des salariés ; des coefficients et des statuts eux aussi revus à la baisse ; lannualisation du temps de travail dans le cadre de la loi De Robien ; la démission de 5 à 7 salariés " volontaires " de la SODET sur un total de 40, car il suffit à Polinorsud de " sauver " 29 emplois pour toucher laide de lEtat, là encore dans le cadre de la loi De Robien. En plus, les salariés acceptant les conditions de Polinorsud seraient repris avec un mois dessai, dans un emploi quils exercent pour la plupart depuis 10 ans et plus !
Les employés de la SODET en grève ont distribué des tracts dinformation, et le mardi 20 janvier, ont demandé aux salariés de Paluel de se rendre à un meeting de soutien. Ce meeting a rassemblé près de 500 personnes, agents EDF et prestataires confondus, ce qui nest vraiment pas fréquent. Suite à cela, tout le monde est allé devant le bureau du directeur de la centrale pour lui demander quEDF fasse pression sur Polinorsud, Gagneraud et la SODET, afin que nos camarades ne perdent ni leur emploi, ni leur salaire, ni leur ancienneté. Le directeur a répondu que ce nétait pas dans ses possibilités, alors que Polinorsud est une entreprise dirigée par un ancien directeur technique régional dEDF (tiens, tiens) qui ne travaille quasiment que pour EDF, bref, presque une filiale. Une preuve de plus que tous ces patrons sont de mèche pour nous faire travailler toujours plus et moins cher, quels que soient lentreprise et le statut.
LHumanité du mercredi 28 janvier a titré en gros : " Le stade suprême ". Le journal du PCF ne voulait en rien mettre en cause limpérialisme, stade suprême du capitalisme selon lexpression de Lénine. Il faisait seulement léloge avec une certaine mégalomanie du stade de Saint-Denis où va se tenir la coupe du monde de football. Le but est incidemment de mettre sur un pavois (ou un podium comme on voudra) le maire communiste de Saint-Denis et la ministre communiste de la jeunesse et des sports. Le ministre communiste des transports Gayssot mérite une mention spéciale pour avoir voulu briser une grève des travailleurs de la RATP le jour de linauguration de ce stade en affrétant des cars spéciaux. Depuis la direction de la CGT a fait le nécessaire en faisant pression pour que le préavis de grève soit levé. Décidément le stade de collaboration des ministres et des notables du PC avec le conformisme du " sport avant tout ", quitte à sopposer à un mouvement de travailleurs, est très avancé.