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NOTRE TENDANCE VOIX DES TRAVAILLEURS SERA PRESENTE AUX ELECTIONS REGIONALES DANS CINQ DEPARTEMENTS :

LISTES “ UNION DE TOUS LES TRAVAILLEURS POUR PREPARER LES LUTTES ET UN AUTRE AVENIR ” soutenues par VOIX DES TRAVAILLEURS conduites :

            en Gironde par Gérard BARTHELEMY, employé hospitalier

            en Charente par Michel DEBOEUF, ouvrier métallurgiste

            dans les Pyrénées Atlantiques par Marie José SUSPERREGUI , assistante maternelle

            dans les Landes par Dominique PELTIER, enseignante

En Seine-Maritime, une liste unitaire se présente soutenue par  Voix des Travailleurs, l’Association pour le Rassemblement des Travailleurs, la Gauche Révolutionnaire/JCR et la Ligue Communiste Révolutionnaire-Rouen.

 Nous publions ci-dessous la profession de foi de cette liste :

 

LISTE “UNION DE TOUS LES TRAVAILLEURS
POUR PREPARER LES LUTTES AUTOUR D’UN PLAN d’URGENCE”

Ces élections régionales, loin de favoriser la démocratie, laisseront inaccessible à la population la gestion des comptes publics, de nos impôts et seront l’occasion pour les politiciens arrivistes de se disputer des postes.

Cela au moment où six millions de personnes vivent avec les minima sociaux, où la majorité de la population voit sa situation se dégrader. Cette situation sécrète la violence dans les banlieues où les jeunes rejetés par la société, harcelés par la police, se laissent aller à leur désespoir et à une révolte sans perspective.

Faisons entendre la voix des travailleurs, des chômeurs, des jeunes, des exclus

Notre liste est constituée de travailleuses et de travailleurs avec ou sans emploi qui, dans la région et notamment à Rouen, se sont retrouvés au coude à coude dans toutes les grèves et toutes les manifestations depuis le mouvement de décembre 95.

Nous tous qui n’avons que notre travail pour vivre, travailleurs salariés ou chômeurs, artisans, petits commerçants ou paysans, rejetons ensemble une politique qui sert les intérêts d’une minorité privilégiée et affirmons ensemble la solidarité du monde du travail.

Les capitalistes sont responsables du chômage et de la misère

Ils licencient. Ils utilisent le chômage pour contraindre les travailleurs à accepter des salaires plus bas, une aggravation des conditions de vie et de travail, pour augmenter leurs profits.

Jamais la Bourse ne s’est mieux portée : plus 29,5 % sur un an. Jamais la misère n’a été plus criante.

Le gouvernement sert leurs intérêts

Renault Vilvorde, l’augmentation dérisoire de 4 % du SMIC, la hausse de la CSG, le refus de répondre aux revendications des chômeurs, les “ emplois jeunes ”, nouvelle mouture des petits boulots qui accentue la précarité, ont montré clairement quels intérêts sert le gouvernement Jospin, comme les gouvernements précédents. C’est par centaines de milliards qu’il distribue les subventions aux patrons en réduisant les dépenses utiles à la population et en augmentant les taxes et les impôts des plus pauvres. Il offre au patronat des entreprises ou des services publics rentables en épongeant leur dette avant la privatisation, comme les 150 milliards du Crédit Lyonnais.

Les dirigeants de la “ gauche plurielle ” nous trompent

A les entendre il suffirait de pousser le gouvernement qu’ils soutiennent pour qu’il agisse en faveur des travailleurs. C’est faux : quand il ne fait pas donner sa police, comme il l’a fait contre les routiers et les chômeurs, c’est pour dispenser quelques aumônes dérisoires. Tout en condamnant cette droite de cohabitation que nous avons vue à l’œuvre pendant des années contre nous, nous ne pouvons avoir confiance dans cette gauche gouvernementale qui s’incline toujours devant le grand patronat, les financiers et les riches.

Pour faire barrage au Front National luttons contre le chômage et la misère

L’extrême droite utilise le désespoir créé par le chômage et la misère pour tenter de diviser les travailleurs par sa démagogie raciste. Nous devons nous battre tous ensemble contre le Front National et pour nos revendications. Tous les politiciens se prétendent des adversaires de Le Pen, mais ils ont tous contribué, au gouvernement, à renforcer le Front National. Le gouvernement Jospin par ses lois anti-immigrés qui valent celles de Pasqua-Debré, par sa politique sécuritaire, renforce l’opinion réactionnaire et fait le lit des pires ennemis des travailleurs. On ne peut combattre Le Pen qu’en combattant le patronat et son système, en rompant toute solidarité avec la politique de ce gouvernement et en exigeant l’abrogation de toutes les lois anti-immigrés, la régularisation de tous les sans papiers et le droit de vote pour les immigrés.

Pour les travailleurs, les jeunes et les chômeurs, il faut un plan d’urgence !
Il faut mettre un terme à la dégradation de la situation en prenant des mesures d’urgence :

Contre le chômage, la répartition du travail entre tous sans diminution de salaire

Le gouvernement voudrait nous rendre solidaires de sa loi des 35 heures qui, loin de créer vraiment des emplois, va dans le sens des intérêts du patronat. Cette loi n’est qu’une manœuvre pour nous imposer l’annualisation du temps de travail, voire des diminutions de salaire. Elle accorde d’énormes subventions aux patrons. Pour mettre un terme au chômage il nous faudra imposer au patronat comme à l’Etat une diminution du temps de travail allant bien au-delà des 35 heures, sans diminution de salaire et sans flexibilité. Pour que tout le monde ait un emploi, il faudra imposer la répartition du travail entre tous, sous le contrôle de l’ensemble des salariés et de leurs organisations.

 - Interdiction des licenciements et réquisition sous contrôle ouvrier des entreprises qui licencient,

 - revalorisation immédiate des minima sociaux, augmentation égale des salaires de 1500F pour tous et salaire minimum d’embauche à 8500F pour tous, 

 - retraite à 55 ans pour tous, secteur privé comme secteur public,

 - abrogation du plan Juppé contre la Sécurité sociale, annulation des privatisations et des plans de démantèlement des services publics, embauche dans les services publics.

Prendre l’argent là où il est

Qu’on ne nous dise pas que de telles mesures ruineraient l’économie. Les riches ne se sont jamais aussi bien portés, les profits patronaux n’ont jamais été aussi grands. Les richesses existent pour satisfaire les besoins de tous. Il nous faut récupérer ce que le parasitisme des patrons et des financiers soustrait à la collectivité.

Imposer le contrôle de toute la population sur l’économie

Pour cela, il nous faudra rendre publics les comptes des grosses entreprises privées et publiques ainsi que ceux de l’Etat, orienter toutes les forces de l’économie vers la satisfaction des besoins vitaux et du bien-être général.

La seule issue c’est la mobilisation !

Il n’y a pas d’autre solution que la lutte. Le monde du travail a une force considérable, même affaibli par le chômage massif. Il représente l’écrasante majorité de la population, il assure le fonctionnement de toute l’activité sociale.

Décembre 95, la grève des routiers, la lutte des chômeurs : nous sommes des centaines de milliers à relever la tête, à affirmer la légitimité de nos revendications, la primauté des intérêts collectifs. Il est temps d’inverser le cours des choses en notre faveur.

Pour l’Europe des travailleurs

Les capitalistes font alliance contre les travailleurs à l’échelle de la France comme à l’échelle européenne. Les travailleurs doivent riposter à leurs attaques à tous les niveaux. Non seulement ils ne peuvent être solidaires ni du patronat français ni du gouvernement français mais ils doivent au contraire défendre contre eux leurs emplois et leurs conditions d’existence. C’est la meilleure façon de préparer la convergence des luttes ouvrières à l’échelle européenne. Seuls les travailleurs de tous les pays européens sont capables en conjugant leurs forces de construire une Europe sans frontières où il ferait bon vivre pour tous les peuples.

Vers l’union de tous les travailleurs,
pour la construction d’un nouveau parti des travailleurs, des chômeurs et des jeunes

Il est possible de regrouper les forces, aujourd’hui dispersées, de tous les militants de gauche et d’extrême gauche qui entendent rester indépendants de la gauche gouvernementale. Il faut donner ainsi la possibilité à tous ceux qui veulent rester fidèles aux idées socialistes et communistes de se regrouper pour la construction d’un véritable parti des travailleurs, un parti permettant à tous ceux qui aspirent à mettre fin au chômage et à la misère d’agir au sein d’un même combat collectif pour en finir avec le capitalisme. Ce parti sera l’œuvre de la convergence des initiatives, des efforts et des luttes de tous ceux qui ont à cœur de défendre les intérêts du monde du travail, et au premier rang, de la jeunesse à qui il appartient de construire son propre avenir.

Faites de votre bulletin de vote

- un geste de dénonciation sans ambiguïté du patronat, des financiers, des riches,

- un geste de désaveu du gouvernement qui les protège et les aide comme des partis qui le soutiennent,

- un geste d’encouragement et de solidarité pour les luttes.

Votez et faites voter pour la liste

 “ Union de tous les Travailleurs pour préparer les luttes autour d’un plan d’urgence ”

liste conduite par Véronique BREANT, José PEREZ, Christine POUPIN et Jeanne ROUSSEAU

soutenue par : l’Association pour le Rassemblement des Travailleurs, la Gauche Révolutionnaire/JCR, la Ligue Communiste Révolutionnaire-Rouen, Voix des Travailleurs.

Pour faire baisser le coût du travail, le capitalisme a recours au travail forcé

  La coupe du monde de football est une affaire d’argent et si elle rapporte gros, c’est notamment parce que ses organisateurs se servent du travail quasiment gratuit des enfants pakistanais pour faire fabriquer 70 % des ballons de foot utilisés dans le monde. Au nord-est du Pakistan, la couture des ballons est devenue un complément indispensable pour assurer la survie des familles , l’agriculture ne permettant plus d’assurer le minimum vital. Pendant 7 à 8 heures, à domicile, les enfants cousent 2 ballons par jour qui sont payés 3 F chacun. Il y aurait ainsi 7000 enfants de moins de 14 ans qui seraient employés à ce travail imposé par la situation misérable faite à 75 000 familles pour lesquelles ce complément est une question de survie. Et toutes les réglementations du travail des enfants sont restées impuissantes à interdire ce travail forcé qui génère des surprofits pour les firmes qui y ont recours. Ainsi, une loi pakistanaise de 1991 interdit le travail en-dessous de 14 ans dans les secteurs considérés comme pénibles…pénibilité qui n’est pas reconnue à la couture des ballons. En février 1997, la Fédération mondiale des industries du sport, le Bureau International du Travail, l’Unicef ont signé avec le gouvernement pakistanais l’accord dit d’Atlanta qui supprime le travail des enfants de moins de 14 ans, accord qui est resté un chiffon de papier. Pour le secrétaire du ministère du travail pakistanais, “ exiger de mettre un terme du jour au lendemain à l’utilisation des enfants revient à nous demander de sauter du dixième étage d’un immeuble ”. Le temps de travail est soi-disant limité à 8 heures par jour mais la proximité de la coupe du monde de football entraîne un dépassement d’au moins 4 heures, selon des journalistes du “ Monde ”. Et il y aurait 3,3 millions d’enfants qui travailleraient au Pakistan, comme cireurs de chaussures, gardiens de troupeaux ou dans la couture. L’exploitation proche de l’esclavage est aussi le lot des adultes. Dans les briqueteries, par exemple, les familles sont parquées sur place, surveillées par des gardes, travaillant 15 heures par jour pour l’équivalent de 90 à 400 francs mensuels. L’endettement auprès des employeurs qui leur ont concédé une avance, contraint le chef de famille, incapable de rembourser sa dette, à laisser les femmes et les enfants travailler gratuitement. Les syndicalistes qui dénoncent la surexploitation des travailleurs sont directement menacés et doivent être armés. L’un d’eux, Ullah Khan, qui, dans les années 1980, a dénoncé le travail forcé, a dû se réfugier à l’étranger. Le gouvernement se fait le complice des capitalistes qui imposent des conditions de travail dignes du XIXème siècle dans la logique folle de la course au profit.

Citation : MARX Le capital livre premier, 1867

  “ Le travail forcé pour le capital usurpa la place des jeux de l’enfance et du travail libre pour l’entretien de la famille ; et le support économique des mœurs de famille était ce travail domestique ”.

“ Jadis, l’ouvrier vendait sa propre force de travail dont il pouvait librement disposer, maintenant il vend femme et enfants ; il devient marchand d’esclaves. ”

Raffinerie Total : une grève qui marquera

  Après huit jours de grève les salariés de la raffinerie Total de Gonfreville L’Orcher (Le Havre) ont repris le travail jeudi 19 février. La grève avait démarré la semaine précédente dans les trois raffineries de Total en France : Gonfreville, Martigues et Dunkerque. Alors que Total avait annoncé un bénéfice record pour 1997 (7,6 milliards de francs soit 35 % d’augmentation), la direction venait de décider d’une augmentation de salaires de 1,4 % pour 1998. La CGT qui appelait à la grève demandait 2,3 % d’augmentation pour 98, avec un plancher de 450 F et un rattrapage de 2,7 % pour la perte de pouvoir d’achat des années précédentes. La CGC et la CFDT avaient signé l’accord salarial et n’appelaient pas à la grève.

La grève a été largement majoritaire parmi les postés (la moitié du personnel de Gonfreville) et seule une minorité du personnel non posté débrayait une ou deux heures par jour. Mais la production a été très largement arrêtée, les livraisons hors pipe-line quasiment interrompues. En fait cette grève était un événement. Les trois raffineries Total ensemble en grève pendant une semaine, cela ne s’était pas vu depuis bien longtemps.

La raffinerie de Martigues a été la première à reprendre le travail au quart du matin, mercredi 18. A Gonfreville les travailleurs pensaient pouvoir tenir tant qu’aucune des deux autres raffineries ne lâchait. Après avoir appris la reprise de Martigues, la CGT a fait voter à bulletin secret pour décider la reprise. Ajoutant en préalable : “ si il y a une majorité pour continuer, il faut qu’elle soit substantielle, car nous ne sommes pas très nombreux sur l’ensemble. Donc il faudrait qu’il y ait au moins 80 % pour continuer la grève, pour que ça soit possible ”. Le résultat du vote a donné 70 % pour continuer la grève. Très rapidement les responsables de la CGT ont donné la consigne de reprendre le travail au nom de l’argument : “ autant reprendre tous en même temps et négocier le paiement des heures de grève ”. De nombreux grévistes et notamment les jeunes auraient souhaité continuer pour obtenir les 450 F d’augmentation plancher. La reprise a quand même eu lieu et la direction a annoncé que les heures et les jours de grève seraient intégralement payés. A la reprise du travail, il y a eu des consignes patronales pour que les chefs se fassent discrets.

Cette grève a surpris un peu tout le monde. Les travailleurs eux-mêmes qui constataient qu’une semaine de grève et bloquer la production, c’était possible à Total. Elle a surpris également la direction et l’encadrement qui ne s’attendaient visiblement pas à une telle réaction des travailleurs. Les grévistes n’ont pas gagné. Mais le fait d’avoir obtenu le paiement des heures de grève, d’avoir pu mesurer leur force, et d’avoir pu repérer qui était de leur côté jusqu’au bout est un atout pour l’avenir. La direction de Total n’est sûrement pas au bout de ses surprises.