Nous dénonçons le sectarisme comme un obstacle que doivent franchir tous ceux qui veulent contribuer à ce qui est notre tâche essentielle, permettre aux idées du marxisme de retrouver le chemin du mouvement ouvrier, aider les travailleurs à sen emparer. Mais le sectarisme nest que lexpression des relations qui se sont tissées entre les différentes tendances révolutionnaires dans les années passées, il est la forme de ces relations. Le fond, cest toute lhistoire du mouvement révolutionnaire qui sest développé en marge, au mieux avec des liens très faibles, avec le monde du travail.
Dans ces conditions, les forces politiques dominantes nont pu manquer dexercer leur pression sur les révolutionnaires, les appareils réformistes ou staliniens, qui avaient rendu toute relation démocratique au sein du mouvement ouvrier quasiment impossible. Leur pression ne pouvait manquer de pervertir les relations entre révolutionnaires et dans le même temps les relations des révolutionnaires avec le monde du travail. Cette pression sest exprimée dans deux attitudes diamétralement opposées mais complémentaires, les uns suivistes vis-à-vis des grandes organisations en place, sadaptant en quelque sorte, les autres, marginalisés, fidèles gardiens du programme, mais incapables de trouver réellement le chemin vers une fraction de la classe ouvrière. Au lieu dexpliquer les échecs successifs par les conditions objectives du combat, pour trouver des solutions même partielles dans le travail pour tisser des liens avec le monde du travail, les uns avaient tendance à céder un peu plus de terrain aux grandes organisations, les autres trouvaient des explications dans des erreurs programmatiques ou de méthode. Pour les uns, il fallait un nouveau programme, pour les autres, défendre lintégralité du programme légué par Trotsky, pour dautres encore, comme Lutte Ouvrière maintenant, tout était question de méthodologie organisationnelle et de règles .
Et dès quune des tendances connaissait un succès, lOCI ou la LCR en leur temps, aujourdhui Lutte Ouvrière, tout cela ne servait quà sauto proclamer contre les autres. Le succès nétait pas loccasion de faire une démonstration pour tenter de regrouper toutes les forces éparses , mais, au contraire, paradoxalement , contribuait et contribue à un éclatement plus grand. Cest ce qui sest passé après Mai 68, cest encore ce qui se passe aujourdhui. Alors que Lutte Ouvrière aurait pu tenter dagir dans le sens dunir les forces comme limpliquait lappel dArlette LAGUILLER à jeter les bases dun nouveau parti, elle a remis cet appel dans sa poche pour faire de son succès, très relatif au demeurant, un point marqué contre les autres.
Ce qui avait été loriginalité et lapport considérable de Lutte Ouvrière, le choix volontariste de se lier aux travailleurs, seul et unique garant pour échapper à toutes les caricatures, en rompant avec le sectarisme, a laissé la place à un moralisme révolutionnaire derrière lequel se profile une plate et passive adaptation aux idées de la plupart des militants du PC et qui se protège par le sectarisme.
Il est évident que lon ne peut contribuer à aider les travailleurs à renouer avec les idées du marxisme révolutionnaire sans situer toute sa politique, son activité, dans la plus large et la plus totale démocratie, se soumettant en permanence au contrôle comme à la critique des travailleurs, ce qui signifie bien évidemment de tous les autres courants qui se réclament du mouvement ouvrier. On ne pourra avancer sans compromis, sans alliances.
Une telle attitude ne résulte ni dune condamnation morale, pédante et prétentieuse des autres, ni dun cuménisme sans principes, ah si tous les révolutionnaires du monde se tenaient la main !, mais elle résulte de la conscience des nécessités qui simposent à tous ceux qui agissent pour que le mouvement ouvrier renoue avec la lutte de classes et avec la démocratie la plus large qui lui est indispensable. Sans démocratie, sans transparence, les travailleurs ne peuvent faire leur propre éducation politique, à moins de croire à un quelconque sauveur suprême ou de concevoir le parti à la façon stalinienne.
Lorganisation des travailleurs sera luvre des travailleurs eux-mêmes tout autant que leur émancipation, tant il est vrai que sorganiser pour un travailleur, cest sémanciper , échapper à la société dexploitation, pour devenir un acteur conscient de lémancipation de sa classe. La lutte pour dépasser le sectarisme, lémiettement du mouvement révolutionnaire sera aussi luvre de chacun. Elle ne relève pas simplement de bonnes relations de tendance à tendance, mais dun choix conscient, militant de tous pour imposer la démocratie et la confiance dans les relations entre militants du mouvement ouvrier en tournant le dos aux murs de bureaucrates et de voyous que les appareils réformistes ou staliniens ont imposées et que bien des prétendus révolutionnaires ont pris pour modèle.
La loi Chevènement-Jospin : une vaste opération contre les sans papiers
La grande majorité des régularisations concerne les familles : parents d'enfants nés en France ou membres de familles constituées depuis plus de cinq ans, conjoints d'étrangers en situation régulière... la majorité des étrangers en situation régulière que la loi Pasqua de 1993 avait du jour au lendemain privée de leurs papiers alors qu'ils vivaient et travaillaient en France pour la plupart depuis de très nombreuses années.
Ce sont surtout les célibataires et les hommes seuls qui font les frais de cette loi Jospin-Chevènement qui, dans les faits, aggrave les lois Pasqua par de nouvelles conditions auxquelles très peu de sans papiers peuvent répondre et qui laisse une place importante à l'arbitraire, comme le critère de l'insertion, laissé à l'appréciation des autorités. Pour ces travailleurs, les fiches de paie attestant d'un travail sur plusieurs mois, sont exigées. Ils doivent aussi avoir bénéficié d'un titre de séjour d'au moins six mois consécutifs, alors que beaucoup d'entre eux sont depuis des années en situation régulière, en renouvelant leur autorisation provisoire tous les trois mois.
Alors que ces travailleurs isolés (célibataires ou dont la famille est restée dans le pays d'origine) représentent la moitié des dossiers déposés, 76 % d'entre eux ont d'ores et déjà reçu leur lettre de refus, accompagnée d'une demande de quitter le territoire suivie déjà pour certains, un mois plus tard, d'un arrêté de reconduite à la frontière.
Les déboutés n'ont aucun recours, sinon la possibilité de tenter un recours gracieux auprès de la préfecture ou du ministère... qui vient de leur signifier qu'ils sont indésirables en France, et aucun recours juridique n'est possible. Des préfectures, dont plusieurs du Sud de la France, ont été rappelées à l'ordre par le ministère, le nombre de régularisations accordées ayant été jugé trop important. 85 000 travailleurs dont les dossiers n'ont toujours pas été examinés, et qui sont maintenant connus des services préfectoraux, attendent encore, dans la plus grande incertitude et la plus grande précarité.
Le gouvernement de gauche, qui s'était engagé dans sa campagne à abroger les lois Pasqua-Debré, est non seulement revenu sur ses positions mais, derrière le mensonge de la régularisation, c'est à une vaste opération d'expulsion contre les sans papiers qu'il se livre.
Ces chiffres reflètent laggravation de lexploitation de lensemble des travailleurs et notamment des travailleurs précaires. 20 000 dentre eux travaillent dans des entreprises comme les centrales nucléaires où ils sont soumis à des rayons ionisants. Un médecin du travail a déclaré que lexposition à des radiations aux normes actuelles entraînerait un taux de décès attribuables par cancer de 3 % . Soit un taux dix fois plus élevé que celui attendu pour une population exposée toute sa vie aux niveaux damiante prévus par les nouvelles normes ! . Tout cela pour les profits dEDF et des patrons négriers des boîtes dintérim.
Quand Gayssot respire lair du capital
Les syndicats CFDT, SUD et CGT sopposent à cette opération. La CGT en dénonce les retombées sur le plan social : réduction de la masse salariale, poursuite des gains de productivité contre lemploi, généralisation daccords collectifs à deux vitesses . Cela nempêche absolument pas Gayssot dêtre ravi de laccord . Et cest tout naturellement quil trouve un langage de patron pour répondre aux syndicats : il est essentiel quAir France soit un outil performant, capable de prendre toute sa place et daccroître ses parts de marché .
Les cheminots et les routiers avaient déjà pu constater quavoir un ministre du PCF ne changeait ni les réformes prévues par la droite, ni les réponses apportées aux grèves. Les salariés dAir France pourront à leur tour en témoigner : la seule différence entre Gayssot et ses prédécesseurs de droite, cest quil fait la même chose, mais plus lentement. Le seul changement, on le trouve dans lHumanité : ce journal trouve soudain ces réformes excellentes et nécessaires
Vraiment, les militants du PCF auraient bien tort de sescrimer à défendre ou justifier les décisions de leur camarade ministre . Il se moque encore plus deux que du reste des travailleurs !
Elbeuf
(76) : les chômeurs restent unis et
mobilisés
Cette initiative des chômeurs prouve en tout cas quils ne comptent pas baisser les bras, mais au contraire continuer à resserrer et approfondir les liens qui se sont tissés entre eux, et avec les salariés dans les entreprises, depuis le début du mouvement. Le samedi soir suivant, ils se sont retrouvés à près dune centaine, avec familles et amis, pour manger ensemble et faire la fête. Privés demploi mais pleins de projets (mise en route dune bibliothèque, organisation de conférences-débats... ), forts dun sentiment de solidarité, attentifs à ne laisser personne en chemin, en particulier ceux que la crise frappe le plus durement, et à donner à chacun la force de continuer à se battre, les chômeurs nont pas dit leur dernier mot : ils ont prévu notamment de bloquer le péage de Louviers avec dautres comités de chômeurs comme AC ! Rouen vendredi 27, et de participer à la manifestation nationale du 7 mars.
ECHO DU
BULLETIN VOIX DES TRAVAILLEURS
DE
RENAULT-CLEON
Dictature
patronale
Lunion de tous les travailleurs est vitale si nous ne voulons pas laisser les patrons imposer leur dictature.