Prison ferme pour 9 sans-papiers,
prison avec sursis pour Michel Beurier.
Non à la répression contre les sans-papiers et ceux qui les
soutiennent !
Jeudi 18 mars, la cour dappel de Paris condamnait 9 camarades sans-papiers de Diawara à des peines de 2 à 6 mois de prison ferme et à des interdictions du territoire pour " refus dembarquement ". Lundi 22, le tribunal correctionnel de Clermont-Ferrand condamnait Michel Beurier pour " aide au séjour irrégulier " à 2 mois de prison avec sursis, à 3 000 F damende et à payer les frais liés à larrêt- maladie du policier qui prétendait avoir été agressé ; ce déni de justice est une réponse politique aux 15 000 manifestants de Clermont-Ferrand.
Ces condamnations, sur la base de rapports ouvertement mensongers, visent à faire taire, à intimider à la fois les sans-papiers et tous ceux qui combattent à leurs côtés. Le gouvernement veut présenter comme un délit tout geste de solidarité, désigner comme coupables ceux qui ne veulent plus vivre cachés, qui relèvent la tête, qui revendiquent le droit pour tous à vivre dignement. Il cherche à empêcher les réactions de solidarité telles que celle des passagers qui, encouragés par des militants, sétaient opposés à ce que lavion décolle avec à son bord les sans-papiers ligotés et bâillonnés. Il cherche à briser les résistances et à porter des coups aux militants syndicaux qui se rangent aux côtés des sans-papiers.
Mais ces condamnations ne font quencourager la lutte de tous les travailleurs, les militants, les démocrates, qui tiennent à affirmer leur entière solidarité aux opprimés, particulièrement aux travailleurs immigrés clandestins privés de tous droits et contraints à une double exploitation.
Les camarades de Diawara et Michel Beurier ont fait appel de leurs condamnations. La lutte pour leur relaxe et pour la régularisation de tous les sans-papiers est celle de tout le monde du travail.
Pour la régularisation de tous les sans-papiers,
Pour une Europe démocratique des travailleurs, ouverte et solidaire,
Manifestation européenne le 27 mars à Paris
Pour dénoncer la politique des gouvernements européens, pour exiger la régularisation de tous les sans-papiers, larrêt des expulsions et le retour des expulsés, la fermeture des centres de rétention, labolition de la double peine, pour affirmer la nécessité d'une Europe démocratique, ouverte à tous, qui naîtra des luttes des opprimés de toute lEurope, avec ou sans-papiers, participons nombreux à la manifestation européenne, samedi 27 mars à 14 h, Place dItalie à Paris.
RTT à la Sécurité Sociale : mécontentement dans les Caisses de Rouen
Depuis des semaines, la question des 35 heures à la Sécu va de rebondissements en rebondissements. Georgeon, le président MEDEF de lUCANSS (lorganisme patronal) avait commencé à négocier en coulisses un " accord " avec FO. Cet accord prévoyait 37 heures par semaine au lieu de 35, la remise en cause davantages importants, comme le nombre de mois pour être titularisé, porté de 6 à 12, et aucune création demplois.
Cet " accord " a suscité pas mal démoi parmi les personnels, dont beaucoup ont de la famille au chômage et placent lemploi au centre de leurs préoccupations. Face à cela la CGT, la CFDT et la CFTC, après avoir dénoncé laccord MEDEF-FO avaient appelé le personnel à faire grève le 25 mars (jour du conseil dadministration de lUCANSS) et demandaient à Martine Aubry de faire quelque chose. Laquelle, qui nen a apparemment rien à faire, est parait-il opposée à la création demplois à la Sécu au nom de la maîtrise des dépenses de santé. De plus, elle avait soutenu Georgeon en juillet 98 en lui demandant dêtre ferme sur la question de la RTT.
Mais lors de la réunion du MEDEF du 15 mars, les collègues de Georgeon nont pas voulu pour linstant lautoriser à signer avec FO. Cris de FO, dont le seul argument est de reprocher aux autres davoir signé des accords encore plus honteux que le sien.
Georgeon sestimant désavoué par ses pairs, a du coup démissionné. Les fédérations CGT, CFDT et CFTC en ont profité pour annuler la grève du 25 en prétextant quelles navaient plus dinterlocuteur en face delles, quil fallait attendre le successeur qui est annoncé au mieux pour la fin avril !
Mais à la CRAM de Rouen, les syndicats (sauf FO) avaient appelé jeudi 18 mars le personnel à une assemblée générale pour faire le point. Et ce jour là, près de 350 personnes se sont déplacées (plus de 50 % des présents).
La discussion a duré près dune heure et demie et beaucoup de problèmes ont été abordés : la question des temps partiels, lemploi, lattitude des syndicats, celle de la direction locale qui refuse de discuter des créations demplois et aussi les objectifs à mettre en avant pour obtenir satisfaction. Plusieurs employés sont intervenus sur la nécessité de discuter pour déterminer collectivement ce quon allait faire, dautres sur lopacité des discussions en cours. Finalement, la grande majorité des présents a décidé de débrayer le 25 pour aller à la direction locale faire connaître et son mécontentement et sa volonté de voir aboutir des créations demplois (chiffrées à 131 pour la CRAM).
Depuis, ça ne cesse de discuter de ces problèmes dans tous les coins, entre autres des objectifs à mettre en avant et de comment faire pour aboutir. Les réflexions sur la grève de 95 (qui avait duré 7 semaines à la CRAM) reviennent souvent. La direction, qui, elle aussi, a le souvenir de 95, est inquiète car elle sait que lattente du personnel en matière de créations demplois ne se laissera pas amadouer par de vagues promesses.
A la CPAM (qui a aussi connu une grosse grève en 95) le personnel et les syndicats ont, eux aussi, décidé de ne pas rester dans lattente des décisions nationales et ont programmé une assemblée générale pour le 25. Entre les Caisses, nous avons décidé de nous tenir informés et de coordonner nos actions.
Témoignage : La santé est un droit
Je suis mère de famille et je vis seule avec mes 5 enfants à charge. Deux dentre eux sont déclarés handicapés. Je suis porteuse comme mes enfants dune double maladie génétique : la rétinite pigmentaire et le glaucome enfantin. Ces maladies ne se déclenchent pas obligatoirement. Ce sont des maladies qui se soignent bien chez ladulte mais pas chez lenfant. Elles sont rares chez lenfant et ne sont pas reconnues dans les 25 maladies génétiques que la Sécurité sociale prend en charge à 100 %.
La conséquence de ces maladies, quand elles apparaissent, cest la perte de la vue, progressivement, jusquà la cécité.
Le traitement médical de 4 de mes enfants est pris en charge à 60 % par la Sécurité sociale, les 40 % restants sont à ma charge. Par mois, cela fait 600 francs en médicaments et en visites médicales. Sajoutent à cela les frais doptique (lentilles, lunettes et produits dentretien). Pour lannée 98, les frais doptique ont été de 20 000 francs. Le remboursement na été que denviron 3 000 francs.
Ne pouvant pas travailler, mes revenus qui se composent de différentes allocations se fixent à 7 000 francs par mois.
Depuis 1987, je fais régulièrement la demande pour la prise en charge à 100 %. Mais, malgré les lettres de médecins spécialistes et même le recours à une députée dernièrement, la réponse de la Sécurité sociale a toujours été le refus.
Le 23 février 1999, des agents de la Sécurité sociale sont venus faire un contrôle. Ce nétait pas pour mannoncer la bonne nouvelle, mais, au contraire, pour me déclarer que je leur avais " coûté 150 000 francs pour lannée 1998 ". Ils avaient apporté les listings comme preuve de tous les frais hospitaliers (scanner, PVC, ERG) etc.
Après leur avoir expliqué, encore une fois, ma situation, ils mont répondu que peut-être, je pourrai avoir droit à lallocation de tierce personne qui se chiffrerait à 2 150 francs.
Ces promesses ne me feront pas arrêter mes démarches pour que la maladie qui touche ma famille soit prise en charge comme les autres maladies génétiques ou, tout au moins, pour avoir les moyens de soigner correctement mes enfants et subvenir à leurs besoins. Car pour moi, laccès à la santé doit être un droit pour tous.
Rhône-Poulenc Elbeuf (76) : les profits pour les salaires et les emplois, pas pour les actionnaires !
Pour protester contre les mesures salariales 99 au rabais, les trois principaux syndicats SUD-CGT-CFDT, ont appelé en commun à débrayer une heure, le 17 mars, pendant la " négociation salaires ". 150 travailleurs ont débrayé, ce qui est un bon chiffre de participation (lusine compte 730 personnes dont 420 en production, essentiellement en quart). Les propositions de la direction (résultats aussitôt communiqués devant les grévistes qui étaient restés sous les fenêtres de la salle où se tenait la négociation) ont été les suivantes : 150 F pour les ouvriers-employés au 1er mars, 1,3 % avec un talon de 150 F pour les techniciens et agents de maîtrise et 1 % pour les cadres, augmentation de la prime de vacances de 100 F et le versement dune prime exceptionnelle de 1000 F. Par rapport à la première réunion, cette prime en plus est apparue au yeux de tous comme une incitation à la grève : " puisque la direction est prête à nous donner 1 000 F pour acheter la paix sociale à bon compte, cela veut dire quelle a de largent, alors... "
Le principe dinfos syndicales pour préparer une riposte a été voté unanimement à main levée par lensemble des grévistes présents. La participation aux différentes réunions a été importante (200 personnes au total). La question de la revendication salariale a été tranchée dès la première réunion : 500 F pour tous (cest la somme que nous avions obtenue en 95). La CGT proposait 1500 F, SUD, 656 F (100 euros), et la CFDT, 400F.
Comme forme daction, les gars sont partants pour des débrayages de deux ou trois heures et plusieurs parlent déjà de refaire comme en 95 en bloquant les portes.
Devant lambiance de mécontentement qui règne dans lusine depuis ces derniers jours, la CFDT qui était divisée sur lopportunité dune action commune avec Sud et la CGT, " il faut se réserver pour les 35h " sest mis rapidement à la page du mécontentement. Autre fait qui a joué, la communication du rapport annuel sur la situation financière de lusine. Selon lun des auteurs du rapport, les résultats sont " flamboyants ". Un résultat opérationnel en augmentation de 16,3 %, la valeur ajoutée par salarié qui passe à 553 000 F, (ce chiffre augmente dannée en année !). A cela, il faut rappeler les 4,2 milliards de bénéfices réalisés par le groupe Rhône-Poulenc. Cest dire quaujourdhui, tous ces profits apparaissent au yeux de tous comme insolents et provocateurs. Et que dire de notre PDG, Fourtou, qui sest octroyé une augmentation mensuelle de 13 %, soit plus de 54 000 F ?
Un débrayage massif a été programmé lundi 29 pour lancer le mouvement. Dores et déjà, et ce malgré la pression et le chantage exercés par la direction via ses cadres, celui-ci sannonce important.
Arsenal de Ruelle(Charente) : colère sourde contre les nouvelles menaces de suppressions de postes
Mardi 16 mars, les syndicats appelaient à un débrayage pour dénoncer les attaques contre le secteur dEtat, les nouvelles menaces de suppressions de postes avec le programme " gestion DCN 2000 " que le ministre de la Défense, Richard, doit présenter dans quelques semaines. Daprès le journal patronal " LUsine Nouvelle ", les objectifs de lEtat seraient de faire descendre les effectifs totaux des arsenaux de 19 000 en-dessous de la barre des 10 000 dans les années à venir. Un " dégraissage " en vue de privatiser le dernier secteur de larmement qui ne lest pas encore ? Sans doute, car vu la logique de profit que suit le gouvernement soi-disant de gauche, il y a à craindre quaprès le secteur aéronautique avec Aérospatiale-Matra et le secteur électronique avec Thomson CSF, le secteur mécanique, autour de GIAT Industries et DCN, soit jeté en pâture aux appétits du privé dès qu' il aura atteint le degré de rentabilité maximum.
Lusine dAngoulème reflète bien cette politique : les effectifs ont été réduits à 1160 personnes, alors quils atteignaient le double il y a quelques années, et la direction voudrait encore, paraît-il, les baisser à 800 pour 2002. Et une part de plus en plus importante de la charge de travail est faite en sous- traitance.
20 % des salariés ont débrayé le mardi 16, avec à peu près la moitié des grévistes (une centaine) qui ont participé à lassemblée générale. Il y a été dénoncé avec force le fait quune partie du terrain de la DCN devenu libre soit cédée gratuitement à une boîte du privé, qui doit par ailleurs toucher des subventions pour créations demplois alors quelle licencie des dizaines de travailleurs sur un autre site.
Un conseiller municipal du Parti communiste (Ruelle est une commune de gauche dont le maire est un ex-membre du PC) était venu en tant que retraité de la boîte pour dire quil sétait abstenu lors du dernier conseil municipal sur ce POS (Projet dOccupation des Sols). Mais lui, comme certains membres de la CGT connus pour être au PC, nont pu que se taire lorsquune personne présente sen est pris vivement au PS et au PC qui ont trahi leurs promesses du temps où ils étaient dans lopposition.
La CGT a fait signer sur lentreprise et sur la ville une pétition sélevant " contre les décisions prises unilatéralement qui visent à accroître la domination des firmes européennes et américaines de larmement sur la politique de défense de la France ". Mais pour le moment, les travailleurs de larmement subissent des attaques très dures au niveau des licenciements et des conditions de travail de la part de patrons bien français ou, pour la DCN du gouvernement bien français, composé du PS et du PC.
Les travailleurs de la DCN ne sont pas prêts de loublier et expriment de plus en plus leur colère devant les attaques quils subissent.
PROCOPI : la direction voudrait passer des 35 heures aux 28 heures payées 28
Procopi, à Mérignac, dans la banlieue bordelaise, est une entreprise de fabrication de fonds de piscines en matière plastique et de couvertures de piscines. Nous sommes une vingtaine de salariés dont la moitié sont des intérimaires. Une autre entreprise du même groupe se trouve à Rennes et emploie une trentaine de salariés.
A Mérignac, la plupart d'entre nous travaille à temps partiel, 140 heures par mois, soit 35 heures par semaine. Les salaires sont donc très bas, en dessous du SMIC, environ 4700F net par mois. Cest en plus lannualisation ce qui veut dire que les heures supplémentaires ne sont pas payées mais seulement récupérées à la fin de lannée ; il faut être disponible quand il y a du travail et rester chez soi quand il ny en a pas et cela, en étant prévenu au dernier moment.
Il y a une quinzaine de jours, le chef nous a annoncé que les contrats des embauchés seraient revus : la direction propose un avenant au contrat, qui abaisserait le nombre dheures à 28 heures par semaine. Chacun a pu faire son calcul : cela ferait 500 F de moins environ sur la paye chaque mois. Cest évidemment inacceptable : on se demande comment on va faire pour vivre. Le bouquet, cétait à la fin de la semaine dernière, quand le chef a convoqué les embauchés pour dire quil fallait en mettre un coup et en faire plus car depuis quelque temps, le rendement avait soi-disant baissé. Nous faire travailler à moindre coût et le plus vite possible, voilà la politique de la direction pour faire toujours plus de profits.