éditorial


Les capitalistes du G7 imposent la paix des cimetières et préparent d’autres guerres contre les peuples

Par leurs luttes et leur unité, les travailleurs les empêcheront définitivement de nuire

Les représentants du G7, les sept Etats les plus riches du monde, ont salué leur victoire au Kosovo. Ils ont imposé la paix qu’ils voulaient. C’est une paix des cimetières, une paix qui humilie les peuples frappés par cette guerre et qui les condamne à la pauvreté la plus extrême et à l’absence de toute forme d’émancipation. Ils ont gagné contre les peuples des Balkans. Pour l’instant.

Contrairement aux mensonges de Chirac et Jospin, le but de cette guerre n’était pas d’empêcher Milosevic de nuire. Lui, son clan et ses bandes de mercenaires ont eu toute latitude pour commettre leurs atrocités au Kosovo. Au final, ils sont toujours en place à la tête de la Serbie.

Les dirigeants du G7 disent qu’il faudrait une relève démocratique à Milosevic. Mais ils ont tout fait pour saboter cette possibilité. Ils ont soutenu Milosevic d’une manière ou d’une autre pendant près de dix ans parce qu’il imposait un ordre féroce contre les peuples et contre les travailleurs. C’était excellent pour leurs intérêts économiques et stratégiques et cela supprimait tout risque d’explosion sociale.

Aujourd’hui, le maintien de Milosevic leur sert de prétexte pour n’accorder aucune aide aux populations de la Serbie et du Monténégro qui ont subi des bombardements pendant onze semaines. Ce refus va permettre à Milosevic de jouer les prolongations ; tout comme l’embargo meurtrier des impérialistes occidentaux contre le peuple irakien permet à son collègue Saddam Hussein de maintenir sa dictature.

La paix de l’OTAN n’empêche en rien la tragédie des peuples du Kosovo de se poursuivre. Le fossé de haine et de sang créé par les bandes de Milosevic oblige la minorité serbe à quitter le pays, y compris les familles serbes qui, malgré tous les obstacles, étaient parvenues à vivre en bonne entente avec les Albanais.

Ces derniers n’ont qu’un seul droit : celui de retourner au Kosovo, et encore ! Ils fuient l’enfer des camps pour retrouver un charnier, une maison calcinée, un environnement miné ou des puits empoisonnés. Ils n’ont pas le droit d’avoir leurs propres représentants. Les grandes puissances ont décidé de maintenir le peuple kosovar en tutelle pour des années. Le Kosovo est occupé militairement par les troupes de la KFOR qui sont essentiellement celles de l’OTAN. Il devient un protectorat de l’ONU, divisé en cinq zones, avec un gouverneur à sa tête qui décidera de tout. Voilà " la démocratie " qu’apportent les puissances impérialistes au peuple kosovar.

Pour parvenir à reprendre les Balkans d’une poigne de fer, les Etats de l’OTAN ne devaient pas seulement faire la guerre. Ils devaient cacher le caractère criminel de leur opération. Et pour cela, ils devaient " bombarder " l’opinion publique avec des images tragiques, celles des réfugiés kosovars terrorisés et à présent celles des charniers. Il leur fallait absolument justifier par de telles images, leur escroquerie d’une guerre " propre ", " morale ", " humanitaire " et maintenant d’une " paix juste ".

Cette opération médiatique menée ici par Chirac et Jospin était dirigée essentiellement contre nous, les travailleurs, pour nous dissuader de protester contre la sale guerre qu’ils ont menée, pour détourner notre attention du gaspillage d’argent qui n’a abouti qu’à aggraver la situation des peuples des Balkans. Mais cela offre en revanche des possibilités de profits extraordinaires pour les capitalistes de l’armement et du bâtiment.

Leurs manœuvres vont se retourner contre eux. Les faits sont trop évidents. Le masque " humanitaire " ne tient pas très bien sur le visage des Chirac, Jospin, Clinton ou Schröder. Les travailleurs le leur arracheront. Ces politiciens ne sont que les commis des milliardaires. C’est pour le compte des grandes bourgeoisies d’Europe et d’Amérique qu’ils ont fait la guerre dans les Balkans. Et ils en préparent d’autres pour que leurs capitalistes puissent continuer à tirer des profits en dévastant l’économie du monde entier.

Les chefs du G7 se font passer pour généreux en annonçant un allégement de la dette des pays du Tiers monde, à condition qu’ils se soumettent encore plus à leur dictature économique. Les peuples de ces pays savent bien que ce sont les mêmes qui réduisent leur aide et surtout qui les surexploitent et achètent leurs matières premières à bas prix. Ce que les capitalistes du G7 appellent " mondialisation " est leur droit international à piller les richesses de tous les continents, à exploiter les travailleurs toujours plus, à les licencier sans aucune limite et à déclencher une guerre selon leur gré.

Ce petit groupe de parasites des ressources de la nature et du travail va provoquer de grandes luttes au sein des peuples et de la classe ouvrière. Les travailleurs de tous les pays se donneront les moyens de s’en prendre au pouvoir et à la propriété privée de cette minorité qui domine l’humanité. Par leurs luttes victorieuses, ils créeront un monde de paix et de progrès social.