tribunes



Une force politique révolutionnaire

Cinq députés d'extrême-gauche au parlement européen, 5,2 % obtenus à une élection nationale : pour les révolutionnaires, ces élections européennes constituent un fait politique majeur. De plus, l'examen détaillé des résultats fait apparaître que les plus hauts scores qui dépassent les 7, 8, voire parfois 9 % le sont dans des villes ou des quartiers ouvriers. Ce résultat confirme que l'extrême-gauche constitue aujourd'hui, au moins sur le plan électoral, une force politique stable, dont l'influence dans les milieux ouvriers et populaires commence à être une sérieuse concurrence pour le PCF. Elle commence même à donner quelques inquiétudes au PS.

Certes, une élection reste une élection et, comme disent nos camarades libertaires, si les élections à elles seules pouvaient changer les choses au profit des travailleurs et du plus grand nombre, il y a longtemps déjà qu'elles auraient été mises hors-la-loi. Mais cette campagne a permis de consolider un pôle politique défendant notamment les points suivants :

+ une position claire d'opposition à la politique du gouvernement de la gauche plurielle ;

+ défense des revendications du mouvement social (droit de vote pour les immigrés, régularisation de tous les sans-papiers, égalité hommes-femmes, avortement libre et gratuit, annulation de la dette du tiers-monde et par rapport à la guerre dans les Balkans " ni OTAN, ni Milosevic, droit à l'autodétermination pour les Kosovars ") articulée à la

+ défense de revendications anticapitalistes ayant une logique transitoire (interdiction des licenciements, réquisition des entreprises qui licencient, ouverture des livres de compte, contrôle des travailleurs et de la population)

+ mettre en avant la nécessité des luttes et des mobilisations pour imposer ces revendications.

C'est cette orientation, loin d'une campagne gauchiste en " défense du communisme " ou pour " les Etats-Unis Socialistes d'Europe " qui a assuré le succès de la liste.

Dans ces élections, la LCR et LO ont su mener campagne ensemble et surmonter les divisions du passé. Cela a certainement compté pour faire gagner à l'extrême-gauche une nouvelle crédibilité politique.

Maintenant, il faut maintenir le cap. Maintenir l'orientation de la campagne. Maintenir la volonté de faire apparaître les positions communes quand il y en a, comme à propos de la guerre en Yougoslavie, la loi Aubry sur les " 35 heures ", les licenciements à Elf Aquitaine ou le refus des menaces contre les retraites. Maintenir aussi la volonté tenace de faire ensemble tout ce qu'il est possible de faire en commun : organisation de réunions publiques, rencontre entre militants révolutionnaires et anticapitalistes intervenant sur les mêmes entreprises, branches ou localités, initiatives publiques communes autour du plan d'urgence et la nécessité de s'organiser pour mettre en échec la politique d'austérité menée par le patronat et le gouvernement.

Maintenant il ne s'agit surtout pas de nous replier sur le milieu de l'extrême-gauche, mais de répondre et à l'attente et à la sympathie qui se sont exprimées durant la campagne. Une politique commune ne prendra tout son sens que si LO et la LCR se tournent vers l'extérieur. Il s'agira en effet de s'adresser à toutes les organisations et à tous les militants du mouvement ouvrier pour leur proposer d'organiser ensemble la riposte contre la politique d'austérité et pour la défense des acquis et des revendications de la classe ouvrière, de la jeunesse, de tous les exploités et opprimés. Il faudra aussi associer toutes les forces et organisations politiques révolutionnaires et notamment ceux qui ont soutenu la campagne, comme la Gauche Révolutionnaire, Voix des Travailleurs et Carré Rouge. Nous pourrons ainsi, au travers de ces expériences, non pas construire du jour au lendemain un nouveau parti, mais faire exister, consolider, amplifier une force politique révolutionnaire qui trace les contours d'une alternative aux organisations réformistes.

Tendance Révolution ! de la LCR

Quelles perspectives après le 13 juin ?

Le 13 juin, plus de 900 000 électeurs ont voté pour la liste LO-LCR. A 5,18 %, la liste a fait moins que certains sondages avaient prévu au cours de la campagne, mais suffisant pour franchir la barre des 5 % et obtenir cinq députés au Parlement européen. Ce résultat confirme ce qu’avaient déjà montré l'élection présidentielle de 1995 et les régionales de mars 1998 : il existe aujourd'hui une frange de l'électorat, autour de 5 %, qui est prête à exprimer par ce vote son refus de la politique du gouvernement Jospin et à approuver des mesures anticapitalistes. D'ailleurs, l'analyse détaillée des résultats montre que dans les villes et les quartiers ouvriers le résultat est bien supérieur à 5 %, allant jusqu’à 9, 10, 11 %, talonnant souvent le PCF et parfois le dépassant. C'est un solide point de départ pour l'avenir.

Et le potentiel ne s'arrête pas là. Parmi ceux qui se sont abstenus aux élections, nombreux sont ceux qui ne s'abstiennent pas sur le plan social, des cheminots qui ont fait grève contre les accords négociés dans le cadre de la loi Aubry aux enseignants qui se sont mobilisés contre les projets d'Allègre.

Que proposer à ceux qui ont voté pour la liste LO-LCR, comme à ceux qui n'ont pas été convaincus de le faire ? Il faut avancer la perspective d'une force politique capable d'intervenir dans les élections, certes, mais aussi dans les luttes qui se profilent, autour de la deuxième loi Aubry, sur la question des retraites, en défense des salaires, de l'emploi et du service public. Il faut plus qu'un bloc entre deux organisations d'extrême-gauche.

Aujourd'hui, nous avons besoin dans ce pays d’un parti qui défende vraiment les intérêts des travailleurs, des chômeurs, des jeunes, des immigrés. Un tel parti doit avoir un profil clairement anticapitaliste. Car il n'y a pas de place pour un parti de plus qui accepte le capitalisme comme horizon indépassable. Etre anticapitaliste, cela veut dire être porteur de mesures d'urgence pour répondre à l'offensive gouvernementale et patronale, de mesures qui remettent en cause les droits du patronat. Etre anticapitaliste, cela veut dire refuser tout soutien à ce gouvernement aux ordres du capital financier. L’idée qu'on puisse imposer une autre politique à Jospin, qu'il pourrait être amené à gouverner à gauche, ne peut que nous mener dans une impasse. Ce qu'il faut, c'est construire la mobilisation la plus large pour battre en brèche les attaques du gouvernement et du patronat et ouvrir une perspective anticapitaliste.

Les forces pour un nouveau parti existent. Elles existent parmi les syndicalistes qui refusent le recentrage à droite des appareils et qui se battent quotidiennement pour défendre les salariés. Elles existent parmi les militants fidèles à leur classe qui restent, faute de mieux, au Parti socialiste et au Parti communiste. Elles existent, bien sûr, dans les organisations d'extrême-gauche. Et avant tout elles existent dans la jeunesse auquel le capitalisme n'offre rien, sinon chômage, précarité et au seuil du troisième millenium, la perspective de vivre moins bien que leurs parents.

Au lendemain des élections, Le Monde, partant du décalage entre les sondages et le résultat de la liste LO-LCR, titrait : Extrême-gauche le rêve brisé d'un grand parti anticapitaliste ". Ce serait un gâchis terrible de lui donner raison. Il faut au contraire maintenir la perspective d'un nouveau parti des travailleurs, d'un parti anticapitaliste.

Bien sûr, nous ne croyons pas qu'on puisse créer un nouveau parti par un coup de baguette magique. Mais il faut avancer dans ce sens. Dans un premier temps il faut trouver le moyen de rassembler tous ceux qui défendent une perspective anticapitaliste, y compris ceux qui ne sont pas encore prêts à quitter le Parti communiste.

Il faut créer un cadre où peuvent agir ensemble à la fois des courants politiques organisés et des individus non affiliés. Aujourd'hui, c'est surtout aux deux organisations qui ont fait la campagne d'avancer des propositions. Pour notre part, nous sommes disponibles pour faire ensemble avec elles et avec d'autres tout pas concret qui permette d’agir et d'avancer vers un nouveau parti des travailleurs, qui permette déjà aujourd’hui de préparer ensemble les luttes de la rentrée.

Gauche Révolutionnaire – La Commune

Bon dimanche !

Le résultat des élections européennes marque un développement qualitatif de la situation politique française. Si nous avions le temps et la place, nous nous attacherions à indiquer quelles sont également les conséquences politiques, en Europe, de l'élection de cinq députés trotskistes...

Si nous n'utilisons pas, à propos de ces élections, la formule " tournant historique ", c'est que nous avons soupé, dans le passé, de ces appréciations définitives.

Reprenons.

Les partis du capital (RPR, UDF, DL) explosés. Ces résultats annoncent la mort politique du président de la Vème République. Parce qu'il a échoué, dans ses entreprises, parce qu'il n'a plus aucune fiabilité pour le capital financier et industriel, parce que son parti agonise, Jacques Chirac est condamné. Bayrou, Pasqua, Seguin vont entrer en lice pour les élections présidentielles avec le soutien de Balladur, Giscard. Cette fois, c'est à la mitrailleuse lourde que la compétition va se mener : il y aura des cadavres sur le chemin qui conduit à l'élection présidentielle, sans oublier les juges... qui, n'en doutons pas, seront les arbitres de cette confrontation.

Cette situation n'est pas anecdotique : elle favorise les combats de la classe ouvrière. En même temps, cette nouvelle situation centralise sur le PS, le PCF, toutes les contradictions. Ainsi que, ne l'oublions pas, sur les confédérations syndicales ouvrières. Quand les partis capitalistes sont défaits, leurs militants en plein désarroi, l'extrême-droite en crise, le champ de bataille de la lutte des classes ne se déroule plus sur deux fronts, mais sur un seul. En général les salariés doivent combattre contre les partis du capital et contre ceux qui se réclament de la classe ouvrière ; ce n'est pas le cas aujourd'hui. Cela ne durera pas éternellement, profitons-en !

Le résultat électoral de la LCR-LO lors de ces élections est exceptionnel. Exceptionnel car malgré le caractère timoré, défensif politiquement, de cette alliance, son programme, ils obtiennent des élus, et surtout dans les villes banlieues ouvrières, talonnent le PCF, le dépassent dans trente départements !

Exceptionnel car c'est un résultat électoral : dans la lutte des classes, là où les salariés n'agissent pas comme citoyens, mais comme exploités, par l'action de classe, ce capital électoral va fructifier.

Exceptionnel enfin : cette campagne a cristallisé un nouvel état d'esprit, de nouvelles pratiques, parmi les militants et les groupes révolutionnaires. À l'invective, au sectarisme, se substituent débats, travail en commun. Sur ce chemin, nous ne sommes qu'au début. Mais au moins sommes-nous sur le bon chemin ! Tout pas pratique en avant dans cette voie sera une aide précieuse pour le combat ouvrier.

Carré Rouge, notre revue, a participé, modestement à ce travail.

Nous poursuivons.

Dimanche 27 juin, nous entrons dans le vif du sujet. Un parti anticapitaliste, démocratique et internationaliste, comment ?

Outre les groupes qui, avec nous, co-organisent cette journée de discussions, nous attendons des militants responsables du PCF, du PS, des syndicalistes.

Rendez-vous au 27. Bon dimanche !

Charles Jérémie

Elections européennes en Allemagne : une défaite pour les " Rouge-Vert "

La coalition rouge-verte a enregistré une défaite importante. Avec 30,7 % des voix, le SPD a obtenu son plus mauvais résultat depuis 1953 - surtout en Allemagne de l’est, mais aussi dans ses bastions (Sarre, Rhénanie-du-Nord-Westphalie). Les Verts eux aussi ont fait un très mauvais score (6,4 %). La coalition n’obtient au bout du compte que 16,53 % d’approbation si on mesure ses scores au nombre total d’électeurs. Le projet rouge-vert déçoit les attentes (sourdes mais pourtant réelles) qu’une assez grande partie de la société allemande avait en automne 98, et toutes les illusions existantes se sont plus ou moins envolées. Jamais dans l’histoire d’après-guerre allemande, l’adhésion à une coalition a été abandonnée aussi vite. En plus, l’abstention n’a jamais été aussi importante. La participation insignifiante reflète d’une part l’apathie très répandue dans la société allemande, d’autre part elle indique le mécontentement et la déception d’anciens électeurs du SPD concernant le gouvernement Schröder, qui jusque-là n’a réalisé aucune des reformes promises et qui – par contre – n’arrête pas de remettre en cause des acquis sociaux.

Le SPD est confronté au problème que ses électeurs fidèles s’éloignent aussi bien que beaucoup de travailleurs, pendant que le " nouveau centre " (c’est-à-dire l’électorat bourgeois) qu’il avait en vue, préfère voter pour l’original – le CDU. Après son échec électoral, Schröder a annoncé qu’il allait lutter pour gagner ce " nouveau centre " de façon encore plus intensive. A la suite de son rappel à l’ordre à son parti il s’agissait maintenant – d’après Schröder – de réussir aussi bien la politique intérieure et économique que la politique extérieure et la politique de sécurité. Dans la pratique cela veut dire : continuer la politique neolibérale de façon plus agressive. Sa référence semble être le " guide pour une social-démocratie moderne " présenté avec Tony Blair dans une action réussie de relations publiques. Ce texte, qui contient à part des phrases creuses surtout des idées néolibérales, n’est pas incontesté au sein de l’appareil du SPD. Il est cependant indispensable pour les marxistes de suivre cette discussion, mais sans la surestimer ou se méprendre sur le sens de celle-ci (et d’y voir un durcissement gauche-droite, ce qu’elle ne représente certainement pas).

Les Verts

Avec un score de 6,4 % les Verts appartiennent visiblement aux perdants des élections. Néanmoins les leaders du parti se montraient soulagés vis-à-vis du score qui " aurait pu être pire ", comme l’a dit la tête de liste, Heide Rühle. Il y avait réellement des rumeurs dans la presse bourgeoise, disant que les Verts pourraient rater le parlement européen. Le fait d’avoir imposé en Allemagne la légitimation de la première guerre d‘agression depuis 1945 a entraîné, au sein des Verts – qui doivent leur existence à la capitalisation du mouvement pacifiste dans les années 80 –, un processus d’érosion. Une partie du milieu vert s’est éloignée du parti : une minorité parmi eux a voté pour le PDS, alors que la majorité s’est abstenue. Malgré tout, les Verts n’ont pas trop perdu de leur crédit. Seulement 130 membres ont quitté le parti en protestant – ce qui a été compensé par d’autres qui ont décidé d’entrer aux Verts. L’opposition vis-à-vis des leaders, constituée par les membres du mouvement qui tiennent à ses valeurs fondatrices, est quasi-inexistante. En plus ceux-ci en tirent à peine les conséquences. L’autorité de Joschka Fischer, – le politicien allemand le plus apprécié d’après les sondages –, est incontestée. Même le fait que Fischer et son vieux pote Cohn-Bendit avaient frappé des activistes du mouvement anti-guerre, dans le cadre de la campagne électorale, n’a rien changé. Ceci démontre la faiblesse du mouvement anti-guerre, qui n’arrivait pas à faire un minimum de contrepoids, pour rendre public ce genre d’événement. On suppose aussi qu’une partie du milieu du FDP (qui se trouve dans une crise importante) a voté pour les Verts. Les Verts eux-mêmes vont continuer à se transformer en parti écologiste libéral adapté à la classe moyenne. Même s’il y aura des querelles – les Verts ne disparaîtront pas.

Le PDS

Grâce au grand nombre d’abstentions, le PDS a obtenu 5,8 % des suffrages et a fait son entrée au Parlement européen. Toutefois le parti a perdu des voix en chiffre absolu. Alors qu’il avait obtenu en 1994, 1 670 316 voix, il n’en recueille, en 1999, que 1 567 376. Ce qui est particulièrement intéressant, c’est le fait qu’il en a perdu surtout dans les Länder (Mecklembourg-Po-meranie-Occidentale et Saxe-Anhalt) où il participe au gouvernement – et où il est coresponsable de la remise en cause des acquis sociaux et des attaques très dures contre le niveau de vie des travailleurs. Le PDS reste un parti régional est-allemand, mais il a réussi à augmenter légèrement son score à l’Ouest. Ces voix sont probablement des voix de gauche contre la guerre, qui viennent du milieu SPD/Vert déçu, et de la gauche sans étiquette. A cause de sa position critique contre la guerre (même si celle-ci n’était qu’une critique pacifiste et au nom du droit international public), il a profité plus à l’Est (où les manifestations étaient plus importantes) qu’à l’Ouest. Malgré tout, le score pour le PDS ne représente pas une politique de gauche oppositionnelle. Le milieu du PDS reste hétérogène : électeurs du SPD et des Verts déçus, votes-sanction et votes nostalgiques d’Allemands de l’Est qui ne se sentent pas représentés par les " partis de l’ouest ". De plus il se trouve dans le milieu du PDS – surtout en Allemagne de l’est – un pourcentage important de gens qui ont des idées autoritaires, nationalistes et racistes. Sur le terrain municipal, le PDS ne participe pas seulement à la remise en cause des acquis sociaux, mais aussi à la discrimination contre les immigrés. Il est même coresponsable des expulsions. Dans le journal du parti (" Neues Deutschland "), on discute de temps en temps à quel point la gauche devrait être nationale, s’y sont même fait entendre des porte-parole de la nouvelle droite. Ceci est dû notamment à la composition sociale du parti : le PDS est vieillissant, et n’a aucune influence dans la classe ouvrière (mis à part les liens de ses leaders avec la bureaucratie du syndicat social-démocrate de gauche). Vu sa base sociale, qui date de l’appareil d’état de l’Allemagne de l’est, sa transformation en parti substantiellement de gauche restera impossible. Cependant, le PDS va se servir à l’avenir d’une rhétorique de gauche pour s’adresser aux supporters du SPD et des Verts déçus aussi bien qu’à la gauche sans étiquette. Avec comme objectif stratégique par contre, des coalitions avec le SPD et gérer l’Etat capitaliste. La suppression radicale des acquis sociaux en Mecklembourg-Pomeranie-Occidentale et Saxe-Anhalt n'est qu’un avant-goût de ce qui nous attend de la part du PDS une fois élu.

Perspectives

La tâche des socialistes révolutionnaires en Allemagne restera de militer dans un climat caractérisé par l’apathie politique, un niveau très bas de luttes sociales, et l’augmentation du racisme et du nationalisme. Les mois qui viennent vont tout de même être intéressants : en ce moment la coalition discute un plan d’austérité de 30 milliards DM (le plus important depuis l’existence de la République Fédérale d’Allemagne). On ne connaît pas encore tous les détails, pourtant il est certain que ce sont surtout les retraités et les chômeurs qui seront dans le collimateur. " L’alliance pour le travail ", appliquée par le gouvernement Schröder, c’est-à-dire l’intégration organisée des syndicats dans la politique capitaliste du gouvernement, et le moratoire actuel, pourraient être en danger. On ne sait pas encore comment le gouvernement va nous jouer un tour à sa façon et dans quel domaine il va attaquer en premier. Si jamais – sous la pression de la base syndicale - il y a des luttes défensives, cela représenterait pour la gauche révolutionnaire une chance et un défi en même temps que la possibilité de pouvoir surmonter son isolement et passer à l’offensive. Si, par contre, le gouvernement et la bureaucratie syndicale arrivent à calmer la base et empêcher que les luttes sociales dans la rue et dans les entreprises aient lieu, la récupération de la frustration face au projet capitaliste " rouge-vert " par l’extrême droite, ne sera qu’une question de temps.

Jost Wipperman (Internationale Sozialistische-Organisation -ISO)