Menaces inflationnistes sur l'économie ? Oui, celles de l'inflation de la finance et des profits qui dévorent les salaires
Tout semble aller pour le mieux dans le monde du libéralisme impérialiste des Etats-Unis et d'Europe. Les Bourses hésitent, reculent puis repartent à la hausse. Même l'euro semble parti pour retrouver une santé face au dollar. L'argent coule à flot sur les places financières occidentales, autorités gouvernementales, banquiers, industriels ont retrouvé la confiance et affichent un optimisme, semble-t-il, au beau fixe.
Confiance et optimisme tout relatifs, ou plutôt, confiance et optimisme dans leur capacité à tirer toujours plus de profits de l'exploitation bien plus que dans la capacité du capitalisme à apporter un progrès, même minime, dans le bien-être de la majorité de la population.
Pour la bourgeoisie américaine et son Etat, il n'est pas question d'utiliser les milliards dont elle ne sait que faire pour améliorer le sort des classes les plus défavorisées. Tout au plus envisagent-ils de réduire les impôts, mesure qui profiterait pour l'essentiel aux classes moyennes. C'est la même politique dans laquelle semble vouloir s'engager, ici, le gouvernement de la gauche plurielle. Pour les uns comme pour les autres, tout sauf augmenter les salaires !
En effet, une angoisse tenace mine leur optimisme, " les craintes inflationnistes ", selon la terminologie en cours.
Plus brutalement, leurs craintes c'est que les salaires progressent ne serait-ce qu'un peu, que le prix des matières premières suive le prix du pétrole pour se relever, c'est-à-dire que la pression sur les salariés et les peuples dominés se relâche ne serait-ce qu'un tout petit peu.
Ce miracle que les économistes appellent la croissance sans inflation, n'est que la croissance pour quelques pays, les pays riches occidentaux, Etats-Unis et Europe, croissance des profits par une détérioration constante des conditions d'existence des pays pauvres producteurs de matières premières et des salariés tant de ces pays que des métropoles impérialistes.
La croissance américaine qui aujourd'hui semble effleurer l'Europe, est le produit direct de la crise asiatique, de l'effondrement de l'URSS, de la guerre dans l'ex-Yougoslavie, c'est-à-dire de l'aggravation du pillage impérialiste.
Seulement, la machine ne peut relâcher sa pression, sous peine que la croissance, la surchauffe ne s'épuise d'elle-même.
Comme le dit sans ambiguité, le directeur de la banque centrale américaine, " Il ne fait guère de doute que si le nombre de demandeurs d'emplois continuait à baisser, des pressions à la hausse sur les salaires seraient inévitables ce qui menace notre expansion économique. "
Alors dès maintenant, les dirigeants des multinationales et des fonds de pension préparent une nouvelle offensive contre les travailleurs et les peuples. Sous couvert de lutte conte " les menaces inflationnistes ", ils sont en campagne contre les salariés et les peuples opprimés pour tirer encore plus de profits de leur exploitation.
Leur optimisme vient de cette folle illusion que rien ne leur résiste, qu'ils ont, depuis l'effondrement de l'URSS et la mondialisation, brisé tous les freins à leurs appétits de pouvoir et de domination.
Pour les salariés, le pire serait d'être dupes de leur propagande. Ce ne sont pas les hausses de salaires qui sont un danger. Le danger, c'est ce système lui-même, véritable machine à détruire dont ceux qui prétendent le diriger ont déjà perdu le contrôle.
L'emballement financier se consume de l'intérieur. Il y a trop de capitaux à la recherche de profits qui, s'ils ne trouvent pas à se nourrir de nouveaux profits, dévoreront leurs voisins et rivaux, provoquant ruines et faillites en cascade. " Les déséquilibres américains ont été portés à un tel point extrême que lorsque viendra l'ajustement, celui-ci ne pourra qu'être brutal, selon les propos d'un spécialiste de Paribas, L'impact d'un ralentissement de l'économie sur un stock de dette qui fait boule de neige ne pourra être que douloureux ".
En effet, l'édifice de montages financiers dont se nourrissent les spéculations, repose sur un océan de dettes, d'emprunts et de prêts qui s'enchaînent les uns et les autres dans un imbroglio inextricable. Que cette fuite en avant financière ne trouve plus les moyens de se financer, l'édifice s'effondre pour le plus grand profit des plus forts qui dépècent les vaincus.
Les travailleurs, pour leur part, n'ont pas de raison de s'alarmer des propos ou optimistes ou pessimistes des oracles au service de la finance. Scénario noir ou scénario rose, dans tous les cas, c'est eux qui sont les fantassins de cette guerre financière. Ils n'ont face à cela qu'une politique possible, défendre leurs intérêts de classe sans se laisser abuser, fraterniser entre eux, unir leur force pour exiger leur dû. Tous ont droit à jouir pleinement des fruits du progrès comme de leur propre labeur. Rien ne justifie que le travail humain soit dilapidé, gaspillé pour des luttes d'influence et de pouvoir économique contraire aux intérêts de l'humanité.
Yvan Lemaitre
Double étiquetage des fruits et légumes : une fausse transparence qui ne révélera rien des profits de la grande distribution
Pour essayer de calmer la colère de nombreux producteurs de fruits et légumes qui manifestent depuis le début de lété contre les centrales dachat et la grande distribution qui leur impose des prix trop bas, le ministre de lagriculture, Glavany, a décidé la mise en place pour trois mois dun double étiquetage sur quelques fruits et légumes, sur lequel apparaîtra le prix payé au producteur, et le prix vendu aux consommateurs.
Et Glavany de recevoir les félicitations de Luc Guyau, le président de la FNSEA, la principale organisation dagriculteurs, qui a déclaré " banco pour la transparence au niveau des prix Il est temps que les gens sachent comment se constituent un prix d'un bout à l'autre de la filière " et, si le double étiquetage " gêne quelques personnes ici ou là, c'est sans doute que tout le monde ne veut pas faire la vérité ".
Si cette mesure ne change rien aux prix, pour le consommateur comme pour le producteur, elle travaillera par contre à montrer du doigt les petits commerçants comme des profiteurs.
Comme lexplique un petit épicier parisien " Le client, ne connaissant pas tous les frais intermédiaires, comme le transport, va être amené, à tort, à croire que nous pratiquons des marges démesurées ". Les chaînes de supermarchés, elles, réalisent lessentiel de leurs profits sur leurs énormes volumes de vente, qui leur permettent de brasser des masses dargent quelles jouent sur les marchés financiers. Elles senrichissent aussi du contrôle de leurs propres grossistes et distributeurs affiliés. Ceux-là seront les moins clairement désignés par le double étiquetage.
Dailleurs Guyau a complété sa déclaration en disant : " il n'est pas question de remettre en cause la distribution, c'est plus ses méthodes et sa super-concentration qu'il faut remettre en cause ".
Bref en guise de transparence, il ne sagit ici que de démagogie. La même que Jospin avait utilisée pour désigner les familles aux revenus supérieurs à 25 000 F comme des privilégiés pouvant se passer des allocations familiales. Les prix resteront aussi bas pour les producteurs et élevés pour les consommateurs, déterminés par les plus gros distributeurs, en fonction du marché. Les marges bénéficiaires resteront aussi opaques, du fait du nombre dintermédiaires dans la chaîne de distribution et les actionnaires de la grande distribution pourront continuer à senrichir. Ils font déjà partie des premières fortunes du pays, comme Mulliez patron de Auchan, ou Leclerc.
La télévision allemande ARD a révélé jeudi 12 août qu'au moins cinq sociétés du centre et de l'ouest de la France mélangeaient des résidus de fosses septiques dans la nourriture destinée aux animaux d'élevage.
Lémission reprenait les informations dun rapport de la direction des enquêtes (répression des fraudes), déjà révélées par Le Canard enchaîné en juin. Ce rapport indiquait que plusieurs usines françaises d'alimentation animale avaient ajouté pendant des années des boues d'épuration à leurs farines destinées aux porcs et aux volailles. Ces boues contenaient notamment des résidus de fosses septiques, certaines incorporaient des " jus " de cadavres d'animaux.
Un porte-parole de la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes a confirmé que lors de contrôles effectués fin 1998 et début 1999 " trois centres d'équarrissage et un fabricant de gélatines incorporaient les boues de leurs stations d'épuration dans les matières premières destinées à la fabrication d'aliments pour animaux ".
Ainsi, le scandale des farines animales touche aussi la France, où dans la course à la rentabilité, tout est bon pour faire du profit pour les groupes de lagro-alimentaire. Et plusieurs commentateurs expliquent doctement que le problème vient des " évolutions technologiques ", de la " fin de lagriculture tradition-nelle ".
Mensonge. Ce progrès permet aujourdhui des conditions dhygiène supérieures. Ce qui est seul en cause, cest la propriété privée qui privilégie les intérêts de quelques parasites du travail humain aux dépens de ceux de toute la collectivité, et cela dans lagriculture comme dans tous les autres secteurs de la production.
Essence : les prix du pétrole remontent, prétexte à rançonner les consommateurs
Depuis le début de lété, avec une nette accélération ces quinze derniers jours, les prix de lessence narrêtent pas de grimper. Le super a augmenté, en moyenne de 16 centimes, le sans-plomb de 18 centimes et le gazole de 13 centimes au litre, dans de nombreuses stations le prix du super frôle les 7 F, et parfois même les dépasse. Autant dire quà la pompe, on sent passer la note. Certains commentateurs nous expliquent quil sagit " des hausses traditionnelles de lété ", mais un représentant dElf explique aussi ces augmentations " On répercute simplement les hausses du marché, avec un petit peu de retard et par paliers ". En effet, dans ce système anarchique qui ne connaît dautres régulations des prix que la loi de loffre et de la demande, le prix du baril de pétrole a doublé en 6 mois. En février, le baril valait moins de 10 dollars " un chiffre historiquement bas, inférieur à ce quil était avant le premier choc pétrolier ", selon un directeur-adjoint de la Direction des matières premières et des hydrocarbures, le mercredi 11 août il atteignait 20,46 dollars. Entre temps il y a eu une hausse de la croissance supérieure aux prévisions en Europe et aux Etats-Unis, et un début de reprise en Asie, ce qui a provoqué une augmentation de la demande de pétrole par lindustrie, au moment où les pays producteurs de pétrole limitaient leur production par des quotas afin de tenter denrayer la chute des cours. Résultats, une offre inférieure, et une demande en augmentation : les prix senvolent. Cest le fonctionnement normal dun système incontrôlé. Et lorsque lon demande aux experts ce qui va se passer maintenant " il est difficile de faire des prévisions pour les semaines à venir " a répondu lun deux.
En attendant, les trusts pétroliers empochent des profits et cest nous qui payons. Mais au fait, en février, lorsque les cours du brut étaient si bas, nous navons guère vu de baisse des prix.