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Rejet de l’appel de Mumia Abu-Jamal, ancien militant des black panthers, condamné à mort par la justice raciste américaine

La Cour suprême de Pennsylvanie vient de rejeter la demande de révision du procès de Mumia Abu-Jamal condamné à mort en 1982, ancien militant des Black Panthers et journaliste noir américain surnommé " la voix des sans-voix " pour son engagement auprès des opprimés et des minorités de Philadelphie.

En août 1995, il avait obtenu in extremis un sursis à son exécution, dix jours avant la date prévue, grâce à une campagne de soutien internationale.

Mumia Abu-Jamal, depuis son engagement à 14 ans dans le mouvement des Black Panthers, a fait l’objet d’une surveillance permanente du FBI jusqu’en 1981 où il a été arrêté, accusé de l’assassinat d’un policier blanc alors qu’il tentait de s’interposer entre celui-ci et son frère. Après un procès monté de toutes pièces, il a été condamné à mort par un des juges les plus réactionnaires des Etats-Unis qui détient le record des condamnations à mort. Mumia Abu-Jamal a dénoncé plus de vingt violations au cours de son procès, des dissimulations de preuves, le refus de témoins, l’exclusion de jurés pour la seule raison qu’ils étaient noirs ou connus pour être opposés à la peine de mort, et la subordination de témoins à charge.

Aux Etats-Unis, 38 Etats sur 50 ont rétabli la peine de mort. Depuis 1977, près de 500 prisonniers ont été exécutés. La ville de Philadelphie se distingue comme " capitale de la peine capitale ", 84 % des condamnés à mort y sont noirs alors qu’ils ne représentent que 9 % de la population de l’Etat de Pennsylvanie.

Depuis 16 ans qu’il est dans les couloirs de la mort, Mumia Abu-Jamal n’a jamais cessé de se battre, continuant d’être la voix des sans-voix à travers les parois d’acier de sa cellule et malgré l’isolement total dont il est l’objet. Son livre " En direct du couloir de la mort " est un réquisitoire contre la justice et l’Etat américain.

Le rejet de sa demande de révision donne carte blanche au gouverneur de l’Etat pour signer un mandat d’exécution. Le comité de soutien à Abu-Jamal prévoit une nouvelle campagne pour s’opposer à son exécution, nous ne pouvons qu’être solidaires et partie prenante de toutes les initiatives qui pourront être prises.

Pour tout contact : Comité de soutien à Mumia Abu-Jamal c/o Viretto & Dieudonné 18 place Jean Jaurès 13001 Marseille.

 

RMI : Ce que devrait être le revenu minimum indispensable

Les défenseurs du gouvernement ont encore trouvé le moyen de chanter les vertus du RMI (Revenu minimum d’insertion) le premier décembre, jour anniversaire des dix ans de sa création, par Rocard, alors Premier ministre. Celui-ci peut régler des comptes personnels avec ses anciens copains, mais ce n’est pas pour cela qu’il renie la politique qu’il a menée avec eux. Il en est fier et déclare par exemple dans une interview au journal " les Echos " : " Heureusement que le RMI existe. Il y a maintenant plus de un million de RMIstes. " Quelle réussite ! Rocard rajoute avec cynisme : " au lieu de gérer des flux de chômeurs, on gère aujourd’hui des stocks en constante augmentation "

Cela indique simplement que depuis que des gouvernements dits " de gauche " sont au pouvoir, le chômage n’a cessé d’augmenter créant des milliers de pauvres et d’exclus. Faute de lutter contre le chômage, ils ont donné quelques aumônes comme le RMI à ceux qu’ils avaient plongés dans la misère. Ils n’ont pris aucune mesure contre les fauteurs de chômage c’est-à-dire les patrons licencieurs. Au contraire, ils les ont aidés, appuyés, soutenus tandis qu’ils ont diminué les allocations-chômage et tandis qu’ils refusent l’augmentation des minima sociaux aux chômeurs. L’ISF, impôt sur les grandes fortunes qui devait au départ financer le RMI ne représente qu’une dizaine de milliards de francs, contre 25 milliards consacrés au RMI. Cela en dit long sur le fait que les fortunes des riches n’ont pas été touchées alors que le nombre de gens de plus en plus en plus pauvres s’est accru considérablement.

Le résultat de cette politique est qu’aujourd’hui, près de 10 % des ménages français vivent en-dessous du seuil de pauvreté estimé par l’INSEE entre 3500 F et 3700 F. Le RMI est bien en-dessous de ces chiffres : son montant moyen s’élève à 1983 francs (son taux maximum est de 2429,42 francs pour une personne seule). Tout est mensonger dans l’appellation même. Ce n’est pas un revenu minimum. On ne peut pas vivre avec 2000 F par mois. C’est une lutte perpétuelle de chaque jour pour nourrir ses enfants, pour s’ingénier de temps en temps à faire un repas qui ressemble à un vrai repas, pour garder son logement… Et il n’a bien sûr pas favorisé l’insertion des chômeurs de longue durée : à sa création, il concernait 350 000 personnes. Aujourd’hui, plus d’un million d’allocataires le reçoivent. Avec les enfants, cela fait deux millions de personnes qui en vivent. Et il y a de plus en plus de jeunes : l’âge moyen du million de RMIstes est de 38 ans. Un tiers a moins de 30 ans.

Mais les Sarkozy, Seguin, Madelin trouvent que le RMI est encore trop. Ils réclament de le transformer en " Revenu minimum d’activité ", défendant le point de vue du patron, choqué de payer des gens sans emploi pendant que lui s’engraisse du travail des autres. On avait entendu le même son de cloche de la part du gouvernement de la gauche plurielle pour justifier son refus d’augmenter les minima sociaux lors du mouvement des chômeurs. Et quand dans ses dernières déclarations, la ministre du travail et de l’emploi, Aubry, insiste sur le " I " de insertion c’est pour aller dans le même sens et cela revient aussi à culpabiliser les bénéficiaires du RMI. Derrière le volet dame patronnesse du gouvernement Jospin, dont la fibre sociale ne va pas plus loin que faire la charité aux pauvres, se cache en réalité la politique qui consiste à donner toujours plus aux riches en prenant aux plus démunis.

Au-delà de la revendication nécessaire de l’augmentation des allocations dérisoires actuelles ou de leur extension notre objectif est bien plus ambitieux. Il est de supprimer la misère et le chômage. Il est tout simplement que chacun ait un emploi, un revenu satisfaisant les besoins d’un être humain et de ses enfants.

 

 

La diplomatie et l'armée françaises au service des patrons qui pillent l'Afrique

Chirac et Jospin prétendent réorienter la politique de l'Etat français qui ne serait plus celle de la défense du " pré carré " que constituent les pays de l'Afrique francophone, à savoir les anciennes colonies françaises sur ce continent. En fait, ils poursuivent la même politique pour consolider les intérêts des banques et groupes industriels français à l'intérieur de ce pré carré. L'attitude de Chirac à l'égard du dictateur du Togo lors du 20ème sommet franco-africain était très révélatrice. L'Union européenne menace de renouveler ses sanctions économiques contre le Togo où les emprisonnements arbitraires et la pratique de la torture sont monnaie courante. Chirac a déclaré avec force : " La France, dans cette affaire, soutiendra le Togo ". Le dictateur togolais que Chirac et bien des hommes d'affaires français aiment tant, est soucieux de son image de marque. Il avait payé des figurants pour l'acclamer lors du sommet de Paris en passant par les service d'un patron lyonnais qui visait un fructueux marché au Togo. En marge du sommet bien des affaires se sont conclues. Le nouveau dictateur du Congo-Brazzaville, Sassou-Nguesso, devait rencontrer avant la mascarade officielle, le président d'Elf-Aquitaine Philippe Jaffré pour finaliser un nouveau contrat pétrolier.

Ceci étant, Chirac et Jospin essaient de donner une assise diplomatique et militaire plus large à l'Etat qu'ils servent pour permettre aux capitalistes français de renforcer leur activité prédatrice dans les autres pays africains. D'ores et déjà, 1500 sociétés françaises opèrent en Afrique pour moitié en dehors de la zone franc. Sur les 85 milliards de francs d'exportations françaises cette année en Afrique, seulement 24 milliards s'effectueront à l'intérieur de la zone franc. La France est toujours en tête des puissances impérialistes en Afrique en accaparant 20 % du marché de ce continent contre 14 % pour les Etats-Unis qui arrivent en deuxième position devant le Japon qui en contrôle 11 %.

La défense des intérêts africains de groupes tels que Vivendi, la Lyonnaise des Eaux, Castel-BGI, Bolloré, Bouygues, Elf ou Total suppose donc une implication de plus en plus grande de l'Etat français. Sur le plan diplomatique, les gouvernants français se donnent l'air d'intervenir en faveur de la paix avec la même hypocrisie et le même cynisme que les dirigeants américains au Moyen-Orient ou dans l'ex-Yougoslavie. Les uns et les autres se nourrissent des divisions et des conflits entre les Etats et entre les peuples. Mais ils ont aussi le souci de les contrôler dans certaines limites compatibles avec leur domination.

Voilà pourquoi la France joue les médiatrices entre le dictateur Kabila sauvé début août par l'intervention militaire de l'Angola, la Namibie, le Zimbabwé et le Tchad et les dictateurs du Rwanda et de l'Ouganda qui lui font la guerre dans les régions limitrophes du Congo-Kinshasa. Elle essaie à l'occasion d'amadouer Kabila pour en faire si possible un dictateur aussi dévoué aux intérêts capitalistes français que son prédécesseur Mobutu. Pour ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier, la France pousse également ses pions en direction des anciennes colonies portugaises, notamment le Mozambique et surtout l'Angola qui a accordé à Elf un contrat fabuleux d'exploitation pétrolière.

Pour donner une ossature militaire à toutes ces manœuvres, les gouvernants français tentent de mettre sur pied le Recamp (Renforcement des capacités africaines de maintien de la paix). Le projet est d'impliquer moins directement les militaires français dans les conflits et le sauvetage des dictateurs menacés et de permettre à des armées africaines multinationales, formées et étroitement contrôlées par des officiers français, de faire le sale boulot. Sous prétexte de prévenir les conflits, le Recamp risque fort, s'il se met en place, de les multiplier et de leur donner plus d'ampleur. Les souffrances des peuples africains seront sans limites tant que les travailleurs français et africains n'auront pas mis fin à l'activité destructrice de l'Etat et des trusts français.

 

 

35 heures : attaques contre les salaires

Le patronat des banques vient de faire connaître une nouvelle proposition pour revoir les salaires dans le cadre des négociations sur les 35 heures : tous les salariés seraient payés 35 heures sur la base du taux horaire actuel. Les nouveaux embauchés seraient payés sur la base de 35 heures et les salariés déjà en poste percevraient la différence entre leur salaire actuel et le nouveau salaire sous la forme d’une prime de 11,5 %. Cette prime aurait l’avantage pour les patrons de ne plus être revalorisée, voire d’être revue à la baisse.

Ce système de double échelle des salaires a déjà été appliqué à Air France en 95 : il a abouti à ce que dans le même avion pour le même travail, certains touchent 7 000 F et d’autres 12 000 F. Ce système n’est pas appliqué que dans le privé, la direction d’EDF envisage une formule du même type au détriment des nouveaux embauchés.

Quand on sait que le patronat des banques veut remplacer une partie des milliers d’employés arrivant à l’âge de la préretraite par des jeunes embauchés, un tel mode de calcul des salaires serait une aubaine pour les banquiers et un coup d’autant plus rude pour les salariés !