La mondialisation, c'est l'aggravation de l'exploitation et de la misère,
La seule issue, le contrôle des travailleurs sur l'économie
En 1965, le revenu des sept pays industriels les plus riches du monde était 20 fois supérieur à celui des sept pays les plus pauvres. En 1995, il est 39 fois supérieur.
Ce chiffre illustre les ravages de ce que nos dirigeants socialistes ont le cynisme dappeler la " modernité ", le capitalisme sauvage à léchelle mondiale, léconomie de marché, la loi du profit sans frein.
Loffensive des multinationales et des groupes financiers ne connaît pas de trêve. La semaine prochaine, les représentants des 135 pays membres de lOMC (Organisation mondiale du Commerce) se réuniront à Seattle, aux Etats-Unis. LOMC est lune des organisations existant à léchelle du monde capitaliste dont les politiciens nous disent quelles doivent " réguler " la marche de léconomie mondiale, dans le cas de lOMC, du commerce mondial. Elles régulent pour assurer la domination des plus riches en essayant de mettre un peu dordre dans la sauvage concurrence que les grandes puissances se livrent.
Aux lendemains de la deuxième guerre mondiale, après que cette féroce concurrence ait conduit à la guerre et transformé le monde capitaliste en champ de ruines, il fallait pour faire redémarrer les profits, que les échanges commerciaux reprennent. Les bourgeoisies, regroupées derrière la bourgeoisie la plus forte, celle des Etats-Unis, se sont donné les moyens de réglementer le monde à leur avantage pour surexploiter les travailleurs et les peuples des pays pauvres en maîtrisant les conflits. LOMC est le dernier organisme né, dans la cadre de la mondialisation, de cette politique. Elle se donne pour tâche de lever toutes les barrières auxquelles se heurte le droit des riches à piller et à exploiter les peuples et les travailleurs.
Complaisamment présentée par les médias comme ouvrant le " cycle du millénaire " à venir, la réunion de lOMC a pour objectif daccélérer la circulation des marchandises entre les pays les plus riches au détriment des pays pauvres, de donner une liberté plus grande aux trusts industriels et financiers, daccroître la déréglementation sociale. Au sommet de Seattle, les pays riches, véritables maîtres du monde, vont discuter des mesures à prendre pour ouvrir à la concurrence les secteurs de la santé, de léducation, des transports, de lénergie, de lagriculture. Ce qui est vital pour eux, cest lenrichissement quils peuvent tirer des nouveaux marchés que sont les services publics, qui sont pour limmense majorité, la possibilité de satisfaire des besoins vitaux essentiels. Pour les capitalistes, le maître mot de leur organisation sociale est la concurrence au détriment des salariés et des peuples.
Les politiciens, et au tout premier rang ceux qui se disent socialistes, relayés par les médias, voudraient nous convaincre que la mondialisation est positive pour tous, quelle est la réponse moderne à lévolution économique.
La réalité démontre linverse. La mondialisation aggrave les inégalités entre pays riches et pauvres, entre les travailleurs qui sappauvrissent même quand ils ont un travail et la poignée de plus en plus restreinte de très riches. Aujourdhui, 100 grands groupes capitalistes, américains et européens, dirigent le monde, 40 % du commerce mondial se fait entre les Etats-Unis et lEurope. Pour limmense majorité des salariés, la précarité progresse, les salaires stagnent, le niveau de vie se dégrade, la misère progresse partout.
Obligés de reconnaître ces faits, les politiciens qui se disent de gauche voudraient nous faire croire à une mondialisation plus humaine.
Le commissaire européen au Commerce extérieur, le socialiste Pascal Lamy, qui sera présent à Seattle, a ainsi déclaré que la mondialisation était " une bonne chose pourvu que les règles existent ". Les six chefs dEtats " de gauche ", réunis à Florence le week-end dernier, ont tout aussi hypocritement pris position pour plus de justice sociale. Clinton, le démocrate, le nouvel ami de Jospin jaloux de Blair, se dit pour la réduction des inégalités, lui qui a contribué à démanteler les services sociaux aux Etats-Unis. Jospin, le socialiste, veut des " régulations mondiales ", lui qui est impuissant à sopposer à Michelin quand il supprime 7 500 emplois.
En fait, la politique quils préconisent, cest la seule politique possible dans le cadre de cette société dirigée par une minorité de privilégiés. Leur boulot, cest de nous la faire accepter par leurs boniments.
Face à laggravation des inégalités pour les salariés et les peuples au profit de la finance, face aux menaces de krach boursier, la réponse ne peut pas être une soi-disant bonne politique de gauche. Ce que lon appelle la politique de gauche, ce nest que lart et la manière de duper la population , en laissant miroiter quil serait possible dans cette société fondée sur la propriété privée capitaliste que le progrès profite à tous. Cest faux.
Pour mettre un coup darrêt à la dégradation actuelle, la seule perspective, la seule solution ne peut venir que du monde du travail qui, en établissant son contrôle démocratique sur la production comme sur le commerce, pourra réorienter toute léconomie en fonction de la satisfaction des besoins de limmense majorité. A défaut dêtre en position aujourdhui dimposer notre contrôle, nous avons la possibilité dexercer notre pression, de faire entendre et respecter nos droits.
Les travailleurs de la Poste, de la SNCF, de la Sécurité sociale, des grands magasins, des hôtels, les pompiers, les cadres, luttent pour que lapplication des 35 heures naggrave pas leurs conditions de travail. Ils apportent la seule réponse efficace, celle des salariés qui sont seuls capables, mobilisés tous ensemble, de refuser flexibilité, gel des salaires, et dimposer des embauches.
Les salariés saisissent les occasions qui leur sont offertes pour manifester leur mécontentement, cest la voie pour préparer une riposte densemble. La journée daction interprofessionnelle organisée par la CGT, la FSU, le groupe des Dix, le 30 novembre, en est une nouvelle dont notre intérêt est de faire un succès.
Les manifestations organisées le 27 novembre contre lOMC seront aussi loccasion de contester le monde capitaliste et daffirmer que le progrès, le modernisme sont du côté des salariés, pas du côté des parasites du travail humain.