échos des luttes et des entreprises



Les travailleurs d’Elf manifestent pour l’emploi et les salaires

Jeudi 11 mars, 1 500 travailleurs d’Elf, dont la moitié des sites de Pau et de Lacq, ont manifesté devant la tour du siège et de sa filiale Atochem, à la Défense à Paris. Inquiets pour leur avenir, ils sont venus demander des comptes sur un éventuel rachat ou fusion qui se traduirait par d’importantes suppressions d’emplois. Employés pour beaucoup au Centre des métiers pétroliers de Pau qui regroupe 2 500 personnes, essentiellement des ingénieurs et des chercheurs en technologies de pointe, ils travaillent en appui aux activités d’exploration et de production du gisement pétrolier de Lacq, qui ne produit plus que 3 milliards de mètres cubes de pétrole contre 10 milliards autrefois. Au gisement de Lacq, ils ne sont plus aujourd’hui que 1 500. Lorsque en 1995 et en 1996, Elf a voulu restructurer le groupe en axant son activité sur des " centres de profit ", les travailleurs ont réagi. Avec leurs syndicats, ils ont réussi à faire reculer la direction sur la mise en sous-traitance de secteurs comme la micro-informatique, ce qu’elle appelait " l’externalisation ". Mais ils n’ont pu éviter l’éclatement des activités d’exploration en plusieurs sociétés comme l’EEP et l’EAEPF à Lacq. A la fin de l’année dernière, la baisse des prix du pétrole, l’accroissement de la concurrence dans le secteur ont fait que la direction, pour réduire toujours plus ses coûts d’exploration et de production et augmenter ses profits, a confié un audit au cabinet Mac Kinsey spécialisé dans les restructurations industrielles, en affirmant que " les prestations des salariés du centre des métiers pétroliers de Pau étaient sensiblement plus chères que celles de la concurrence. " La direction a fait appeler cette opération " Performance ". Les travailleurs s’inquiètent aujourd’hui car ils prévoient une autre mouture de " l’externalisation " de 1995. Ils craignent pour la moitié des emplois dans les Pyrénées-Atlantiques. Inquiet sur un éventuel rachat ou fusion du groupe, un militant CGT disait : " On se demande où on va aller. Ca sent vraiment la curée. " A propos du PDG, Jaffré, il ajoutait : " Il ne pense qu’aux actionnaires. Plutôt que de réindustrialiser le site, il a distribué 60 000 stock-options. ". Un délégué CFDT affirmait aussi : " Le discours du patron est toujours le même, c’est tout faire pour améliorer notre compétitivité. Les suppressions d’emplois, il s’en lave les mains ! ". L’actuelle affaire de corruption de Roland Dumas rajoute encore à la colère des salariés : " Quand on voit tous ces milliards dépensés, et qu’on va nous pinailler pour quelques emplois ou une augmentation ! "

Aux ateliers du CHU de Bordeaux, c’est de l’embauche qu’il faut

A l’hôpital Haut-Lévêque, dont dépend aussi l’hôpital Xavier Arnozan, depuis des années, nous voyons fondre les effectifs des services techniques et des jardins. Pourtant, notre charge de travail ne fait que s’accroître et certains bâtiments se dégradent dangereusement.

Aussi, nous avons pris l’habitude, ces derniers mois, de nous réunir entre ouvriers pour discuter de nos conditions de travail et évaluer le nombre de postes vacants ou disparus avec les départs en retraite non remplacés. Après avoir fait notre propre enquête, ce sont 17 postes qui seraient immédiatement nécessaires pour répondre aux besoins de sécurité les plus urgents.

En février, nous avions demandé une entrevue au directeur pour, tous ensemble, lui faire part de nos revendications. Vendredi 5 mars, nous sommes allés à dix à cette entrevue avec le directeur et deux de ses cadres, et nous avons pu à tour de rôle leur dire pourquoi nos camarades nous avaient mandatés. " Ce qu’il faudrait, ce sont des embauches massives à l’hôpital ", " la moyenne d’âge pour les ateliers est de plus de 40 ans, il faut embaucher des jeunes, nous connaissons tous dans nos familles des jeunes au chômage ".

Pour toute réponse, le directeur nous a annoncé qu’une société privée était en train d’évaluer notre charge de travail, et que cet audit avait été très démocratiquement voté par les syndicats. Il a aussi essayé de nous diviser en utilisant une vieille recette : " les budgets seront en priorité utilisés pour le personnel soignant ". On a tous compris qu’il n’y aurait pas d’embauche, ni pour les ateliers, ni pour les services de soins.

Devant notre insistance pour qu’il se prononce sur cette politique, il s’est retranché derrière une belle tirade : " je suis fonctionnaire comme vous, mais aussi citoyen, mais le devoir m’interdit d’exprimer ici mon point de vue sur la politique de santé ". Bref, il ne nous en dirait pas plus.

Comprenant que nous n’obtiendrions pas plus d’engagement de notre " citoyen directeur ", nous lui avons laissé notre rapport sur les besoins en effectifs en lui demandant de transmettre, et nous sommes tous partis.

Lettre d'un camarade de la CGT - Pourquoi nous étions à Clermont-Ferrand le 8 mars

12 000 ? 15 000 ? Nous étions venus en masse pour répondre comme il se devait à une grossière provocation du ministre de l'Intérieur et défendre un dirigeant syndical courageux, engagé dans le soutien aux sans-papiers dans un pays qui se dit celui des droits de l'Homme, et qui risquait plusieurs années de prison.

Michel Beurier n'est pas responsable de la " sub-luxation " de l'épaule du policier auquel on a " imposé " un arrêt de travail de 73 jours pour mieux bétonner le chef d'inculpation. A l'issue de la bousculade qui a favorisé l'évasion de l'étudiant sénégalais qui risquait l'expulsion, la police avait appréhendé deux personnes sur la trentaine de responsables d'associations mobilisés ce jour là : Michel Beurier, mais aussi la vice-présidente de la Ligue des Droits de l'Homme. Celle-ci fut relâchée, alors que notre camarade était placé en garde à vue.

D'emblée, la justice avait décidé de frapper le secrétaire de l'Union Départementale CGT du Puy-de-Dôme. Chevènement était-il intervenu pour demander au Préfet de faire un exemple propre à décourager les syndicalistes de soutenir la cause des sans-papiers ? Il avait sous-estimé la puissance de mobilisation de la confédération… et la nôtre.

Des centaines de cars venus de toute la France ont déferlé sur Clermont-Ferrand, où nous étions nombreux à avoir réagi. Avec force drapeaux rouges et slogans pas très aimables pour le gouvernement.

Plusieurs dirigeants nationaux de syndicats et d'organisations démocratiques étaient venus manifester leur solidarité. Seules FO et la CGC brillaient par leur absence, y compris au niveau local. Le premier intervenant, applaudi sans sectarisme, était le secrétaire départemental de la CFTC. Quant à l'intervention de Thibault, ce que j'en ai surtout retenu, c'est qu'il était descendu pour défendre un militant contre l'injustice d'Etat.

Une belle journée de solidarité ouvrière, où nous avons bien clamé justement que " la solidarité n'est pas un délit " !

Jean-Pierre

Qui creuse le trou de la Sécu ?

Comme chaque année, à la même époque, on vient de recevoir au CHR de Bordeaux les nouveaux prix de journée hospitaliers. Et, comme chaque fois, ils sont en forte augmentation sans aucune justification. Si le prix de la journée de Médecine connaît une baisse tout à fait symbolique de 25 francs en passant à 3 285 francs, (- 0,8 %), celui de Chirurgie fait un bond de 150 francs (+ 3,8%) en passant à 4 285 francs. Le record, c’est le prix des " spécialités coûteuses " qui avec 1 135 francs d’augmentation par jour (+ 19,3%) passe à 7 010 francs.

Chaque année, on voit ainsi les prix de l’hospitalisation augmenter fortement pour atteindre des prix de plus en plus importants. Et, bien entendu, le prix du ticket modérateur augmente d’autant chaque fois. Le ticket modérateur est ce qui reste à payer par les malades qui ne sont pas pris en charge à 100 % ou par leur mutuelle, s’ils en ont une. C’est ainsi que, pour 99, ce ticket modérateur va augmenter de 30 francs par jour en Chirurgie, passant à 805 francs et de 227 francs par jour en " spécialités coûteuses ", passant à 1 402 francs. Et nous allons sans doute apprendre sous peu que les mutuelles, pour faire face à ces augmentations, doivent augmenter leurs tarifs.

Alors que l’on vient d’apprendre qu’un rapport de la Caisse Nationale d’Assurance Maladie demande de nouvelles restrictions des dépenses hospitalières de plusieurs milliards, le gouvernement fait le choix d’augmenter les prix exigés de la Sécurité Sociale et des mutuelles. C’est clairement l’annonce de nouvelles restrictions sur la santé de toute la population.

Chiffres en bref…

188

C’est le nombre d’heures supplémentaires que le MEDEF voudrait voir reconnu comme maximum légal par la deuxième loi Aubry. C’est un recul grave par rapport à ce que reconnaît aujourd’hui le Droit du travail : 130 heures. Cela permettrait aux patrons qui le souhaitent de rester à 39 heures de travail effectif ce qui n’exclut ni la flexibilité, ni l’annualisation. Et cela ne leur coûterait pas cher : le MEDEF propose que les heures supplémentaires entre 35 et 39 heures soient majorées de 5 % au lieu des 25 % habituels.

24 millions

C’est le nombre d’emplois supprimés par la crise en Asie du Sud-Est selon une enquête du Bureau International du Travail. Le chômage a doublé entre 96 et 98 à Hong Kong, en Chine, aux Philippines. Il a triplé en Indonésie, en Corée du Nord et en Malaisie. C’est dans les secteurs les plus modernes de l’économie que ces emplois ont été supprimés et un nombre croissant de travailleurs a dû rejoindre le " secteur informel " - celui des petits boulots misérables- ou agricole où il y a déjà surabondance de main d’œuvre. Le BIT recommande de traiter les baisses de niveau de vie que cette crise a engendrées " avec la même vigueur que celle employée pour endiguer la baisse des valeurs boursières ". C’est ce que l’on appelle un vœu pieux…

4 126 milliards de francs

C’est le montant de la dette de l’Etat évaluée fin 98. Cela représente 48,9 % du PIB ( l’ensemble des richesses produites dans le pays pendant une année) et près de trois fois le budget annuel de la France. La dette représentait moins de 40 % du PIB à la fin de l’année 94. Si la dette augmente, nous les savons bien, ce n’est pas parce que l’Etat embauche de plus en plus de soignants, d’enseignants, de postiers etc. Ceux qui trouvent leur compte à cet endettement, ce sont les capitalistes qui profitent des commandes publiques et des subventions et les financiers qui s’enrichissent des intérêts de la dette que leur rembourse l’Etat. Ce sont les mêmes qui réclament la diminution des budgets sociaux.

39

C’est le nombre de licenciements secs annoncés par Claude Spanghero, patron de boucheries industrielles et ancien international de rugby qui s’était engagé lors de la reprise des boucheries Brunet à Bordeaux à garder l’ensemble du personnel. Les boucheries Brunet avaient défrayé la chronique pour leur traitement spécial des abats dans des bains de détergents et un étiquetage quelque peu fantaisiste sur la provenance de la viande. Brunet a triché, Spanghero a menti et ce sont les travailleurs qui trinquent .

40 millions de francs

C’est le découvert bancaire de la reine–mère en Angleterre, qui, malgré son grand âge, a l’air d’aimer encore les sucreries. Si vous avez des problèmes - plus modestes - de découvert, allez donc voir son banquier de sa part ….

Licencié à cause d’un bouchon de niveau d’huile

Je travaillais depuis un an dans la Société Illacaise d’Ambulances comme chauffeur ambulancier. Nous étions quatre employés payés au SMIC.

Le 29 décembre 1998, comme le stipule le contrat de travail, j’ai effectué les niveaux d’eau et d’huile d’un des véhicules de la société et je suis parti travailler avec un autre. Le lendemain, une collègue a pris le véhicule et en fin de journée, le voyant d’huile s’est allumé. Mais devant amener un patient, elle finit la course. Le moteur chauffa. Le patron, pour continuer à faire des courses décida, malgré mes remarques, de continuer à l’utiliser dans cet état. Quand enfin, le 6 janvier, il l’amena au garage, il était trop tard.

Par contre, les sanctions furent immédiates pour nous. Ma collègue eut un avertissement et dès le 7 janvier, j’étais mis à pied avec retenue de salaire jusqu’au 21 janvier, date de mon licenciement pour faute grave.

Selon le patron, je n’ai pas revissé le bouchon d’huile et cela a eu pour conséquence de gros frais (moteur à changer) et " de mettre en cause la bonne marche de la société en faisant perdre des courses ". Face à ce licenciement abusif, ma réponse a été de défendre mes droits en intentant une procédure aux Prud’hommes qui est pour l’instant en cours.

ACH : solidaire du gouvernement ou solidaire des travailleurs, il faut choisir.

Mercredi 10, la CGT des ACH appelait à un débrayage pour protester contre le plan anti-social de la direction. " Le ton change " a dit le secrétaire du syndicat dans son allocution. Cela intervient bien tardivement. Les travailleurs attendaient cela depuis longtemps. Décision fut prise d’aller s’en prendre à Delmas, propriété de Bolloré, qui se définit dans l’histoire comme " actionnaire dormant ", et donc passif, mais également à la sous-préfecture, représentant local de l’Etat, qui, toujours selon le secrétaire CGT, " pousse derrière " la direction des chantiers afin qu’elle accélère les licenciements. 300 travailleurs se sont déplacés au siège social de Delmas. Le hall du siège, manquant un peu de fantaisie, a été recouvert de quelques affiches proclamant : " les actionnaires ont su encaisser, maintenant ils doivent payer ". A la sous-préfecture, tout le monde voulait qu’il se passe quelque chose, autre chose en tous cas que l’habituel envoi d’une délégation. L’initiative est venue de la police qui a fait sortir quelques-uns de ses CRS, protégés quand même par les grilles du bâtiment ! Après quelques plaisanteries, on en est venu aux actes : lancer un bon paquet d’ampoules remplies de peinture. Beaucoup de travailleurs s’y sont essayés, les " ah " et les " oh " récompensant les meilleurs tirs, et les " olé " accompagnant les mouvements des CRS pour éviter les ampoules… jusqu’à ce que finalement ils battent en retraite. Cet épisode a fait du bien, parce que pendant la semaine, les plus folles rumeurs ont couru, du genre : les caisses sont vides, il n’y en a plus que pour une semaine. Ces bruits sont évidemment entretenus par la direction qui veut démoraliser les travailleurs au moment où ceux-ci relèvent la tête. Par contre, une perspective inquiète, celle de fin mars : à cette date, l’armateur qui a commandé les chimiquiers peut refuser de prendre livraison, pour dépassement des délais. Ce serait alors le dépôt de bilan et la fermeture en 6 mois, et à des conditions très désavantageuses. La direction promet la livraison du 1er chimiquier pour juin prochain. Les travailleurs savent que ce délai est intenable et la CGT dénonce ce langage de la direction : " on va vous virer mais soyez raisonnables et respectez nos engagements (qui sont intenables) ": Jean-Louis Jegaden, responsable de la CGT qui passe souvent à la télévision, était absent, car malade, mercredi 10, le jour des " débordements ". Mardi 16, il n’a fait que présenter le meeting de soutien qui se tenait devant une entrée des ACH, sans prendre la parole. Jegaden est candidat sur la liste du PC, ce qui est en fait un désaveu de la lutte des travailleurs des ACH en butte à la politique des partis gouvernementaux, PC compris. " Le gouvernement actuel est responsable de la situation aux ACH, comme il est responsable de la privatisation – oh pardon, ouverture du capital – de France Télécom, comme il est responsable de la marche vers la privatisation à EDF, comme il est responsable de la non-abrogation des lois Pasqua-Debré ". Ce n’est pas un travailleur d’extrême-gauche qui le dit, mais un responsable de l’UL CGT, lors de ce même meeting de soutien aux ACH. Peu de travailleurs des ACH l’auront entendu, car ils n’étaient que 200 à 300 ce jour-là devant les grilles, mais il y avait des centaines d’autres travailleurs de l’agglomération, en particulier, des pompiers et des communaux, en grève ce jour-là. Chaque délégation fut saluée, mais, fait inhabituel, pas les députés PS, Paul Dhaille, et PC, Daniel Paul. Il est vrai que certaines affiches collées dans la nuit par un groupe de travailleurs insistaient sur l’identité des politiques menées par les partis de gauche et de droite. Personne ne pouvait faire semblant de ne pas avoir vu ces affiches et la gauche plurielle était mal à l’aise, témoins ces tracts du PS qui finissaient en avion ou en boulette. Un camarade disait aux diffuseurs du tract : " J’ai été licencié par Fabius, maintenant, c’est par Jospin, vous êtes gonflés les gars ". Face à ce gouvernement et aux patrons, le responsable de l’UD insistait sur l’idée que les travailleurs autres qu’ACH n’étaient pas là en soutien ou solidarité, mais parce qu’il s’agissait d’une même lutte, celle pour l’emploi, que les travailleurs ne pouvaient avoir confiance qu’en eux-mêmes, et que cette convergence des luttes devait se traduire par une journée inter-professionnelle, " comme l’a proposé la CGT ". Reste maintenant à ce que les actes suivent les paroles, car mener une politique conforme aux intérêts des travailleurs des ACH implique de rompre tout lien de solidarité avec ces politiciens. Il faudra aux militants de la CGT des ACH faire un choix entre la solidarité avec le gouvernement et celle avec les travailleurs.

Cofrablack près de Bordeaux :  une journée de grève contre l'accord cadre des 35 heures signé dans la chimie

Le 11 mars dernier a eu lieu une journée nationale de grève dans la chimie à l'appel des syndicats FO, CGT, CGC et CFTC contre l'accord cadre sur la réduction du temps de travail signé par la seule CFDT qui remet en cause notre convention collective. En effet, il prévoit une flexibilité accrue, une dérogation au code du travail sur les heures supplémentaires (150 heures permises jusqu'à l'an 2002), une durée journalière de travail portée de 10 heures à 12 heures, un repos quotidien pour les postés ramené de 11 heures à 9 heures, un forfait pour le personnel d'encadrement qui assujettit les cadres et une partie des techniciens et agents de maîtrise. Il ne dit rien sur les emplois à créer, il ne prévoit pas de réduction de temps de travail pour les postés ni de garanties en matière salariale. Les jours fériés sont remis en cause à l'exception du 1er Mai.

A Cofrablack, depuis quelques jours, la grogne monte, les négociations salariales ne sont pas entamées, celles sur la réduction du temps de travail sont suspendues à l'extension de cet accord. C'est pourquoi les syndiqués CGT ont décidé de se mettre en grève pour 24 heures, d'autant que notre PDG est vice-président de l'Union des Industries Chimiques régionale. Un débrayage de une heure ou deux a été écarté, on aurait du faire le restant de la journée le travail ainsi perdu. Beaucoup de travailleurs en grève ont mis en avant qu'il fallait créer un rapport de force pour imposer nos revendications d'autant qu'ils n'admettent pas que celles concernant les salaires soient noyées dans la négociation sur la réduction du temps de travail.

Un tract rappelait nos revendications : les 35 heures pour le personnel de jour allant à 32 heures pour les postés continus, sans baisse ni gel ni modération, salariale, sans annualisation, sans flexibilité. Des embauches correspondantes en CDI pour réduire la charge de travail et diminuer le chômage. Un départ anticipé en retraite en fonction du nombre d'années de travail posté.

Là ou les syndiqués CGT sont en majorité, la grève a bien été suivie, de 90 % à la maintenance à 70 % à l'expédition dont une équipe sur les deux au complet ; ils ont entraîné des non-syndiqués et même quelques rares syndiqués CFDT dont leur délégué syndical en désaccord avec sa fédération. Le secteur production n'a pas été gêné par la grève, son personnel posté continu à dominante CFDT n'a pas réagi faute de position prise collectivement, à l'inverse de ce qui s'est passé dans d'autres entreprises où ce syndicat s'est prononcé contre l'accord. Un seul copain des bureaux n'a pas travaillé, c'est ce qui est habituel en ce cas dans ce service.

Il ressort toutefois que cette journée fut une réussite ; la direction, pressée, a demandé une réunion pour cette semaine et nous a fait part de sa déception devant le mauvais résultat des groupes de travail sur les 35 heures qu'elle avait créés dénonçant même le bureau qu'elle avait engagé pour les animer. Ce qui a fait sourire bon nombre de copains, et ce qui a fait dire à certains que le patron aurait mieux fait d'utiliser cet argent à l'augmentation de nos salaires.

Alcatel : 15 milliards de bénéfices, 12 000 suppressions d’emplois

Echo du bulletin commun LCR-VDT Alstom Petit-Quevilly (76)

Alcatel participe avec l’anglais GEC au groupe Alstom. Il est donc intéressant de savoir qu’au moment même où le groupe Alcatel enregistre des bénéfices records, il veut supprimer 12 000 emplois dans les deux prochaines années soit 10 % des effectifs. Alcatel a déjà supprimé 30 000 emplois depuis 95.

Le PDG du groupe, Tchuruk, revendique fièrement cette politique désastreuse pour tous les salariés en disant qu’il faut tailler dans les coûts au nom de la rentabilité. Il a déclaré par exemple : " Nous voulons déclencher dès 2000 notre programme de stock-options. Et cela n’est possible que si nous dégageons une rentabilité de 7 % ou plus dans les télécoms ". Les stock-options sont ces actions vendues à faible prix, sans aucun risque de perte et que se réservent les dirigeants d’entreprises. La Bourse a applaudi. Le titre Alcatel a grimpé de 5,2 %. Tout ce qui intéresse les dirigeants du groupe c’est de satisfaire et d’enrichir les gros actionnaires financiers.

Il faudra bien que nous, les ouvriers et ouvrières, qui créons les richesses par notre travail, empêchions quelques parasites de les dilapider.